J’ai finalement été voir Tournée
, le film, et pas tout seul, merci Twitter. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est un autre registre que ma sortie cinéma précédente, Avatar (oui je n’y vais pas très souvent). Beaucoup moins rythmé, fatalement, mon accompagnatrice l’a jugé contemplatif
, ce qui est assez vrai, pas vraiment d’intrigue ni de progression, plutôt dans le genre tableau vivant, et finalement bien plus centré sur le personnage du producteur que sur les girls, mais pourquoi pas, j’aime bien l’acteur et, puis les losers aussi, j’ai cette faiblesse. D’ailleurs la scène qui pour moi ressort du lot est celle de la station service. Ah et j’aime beaucoup la bande originale aussi, assez vieux rock qui bouge.
J’ai aussi vu Moon, en divx, téléchargé un peu par hasard, je m’attendais à une série B mais c’était une bonne surprise. Un huis clos, une ambiance un peu 2001, l’odyssée de l’espace, l’homme, la machine, le silence feutré et hostile de l’espace. Peu d’effets spéciaux, sans que le film soit cheap.
Deux blogs m’ont donné envie d’aller au cinéma récemment. La critique d’Iron Man 2 du Dernier blog, qui y a vu bien plus de choses que je n’en verrai sans doute, quand il sortira en location/dvd. Et les billets cinéma du Pédé de C’est la gêne, qui (me) donnent envie de voir des films à la jaquette desquels je n’aurai sans doute pas accordé plus de deux secondes.
Crêpe Georgette publie un manifeste antisexiste que je relaie, par principe, même si certains points m’interpellent un peu. Allez le lire en entier, je ne reprends que les points que je trouve discutables (c’est à dire matière à discussion, pas nécessairement que je n’approuve pas). Continuer la lecture →
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Vitres de son où vivent les astres
Verres où cuisent les cerveaux
Le ciel fourmillant d’impudeur
Dévore la nudité des astres
Un lait bizarre et véhément
Fourmille au fond du firmament
Un escargot monte et dérange
La placidité des nuages
Délice et rages, le ciel entier
Lance sur nous comme un nuage
Un tourbillon d’ailes sauvages
Torrentielles d’obscénité
Antonin Artaud
J’ai eu du mal à retrouver ce poème (internet c’est vraiment de la merde en fait), heureusement qu’il m’avait marqué au point d’en connaitre un vers (un escargot monte et dérange). Je ne suis même pas sûr qu’il soit complet, je vais devoir me servir de ma carte de bibliothèque toute neuve (je n’en avais pas fait faire depuis que je ne vis plus dans le 13ème, dingue).
Publié dans Littérature
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Exercice. Raconte tes 15 dernières années en 10 lignes.
– Chulie

1995. Je décroche mon bac au deuxième essai, en exil à Dreux où je m’ennuie et travaille enfin, donc, et triple ma note. J’y fréquente des gens étranges : musulmans intégristes, petits blancs racistes et catholiques de gauche. C’est rigolo, ça me change des punks de classe moyenne que je retrouve avec hâte en fac à Creteil. Deux ans d’histoire puis deux de philo sans décrocher de diplôme, je retrouve mes mauvaises habitudes de la pente douce, je picole et j’écris des poèmes à la con. Je commence le salariat, jobs alimentaires, la nuit, le soir. Je m’installe en sous-location, je mange des pâtes au piment, puis dans le 13ème, je m’achète un modem 33k et je tombe amoureux d’Internet. J’y retrouve par hasard Isabel, qui termine son hypokâgne. En quelques mois on s’installe ensemble. On prend un chat, on regarde X-Files lovés dans notre premier canapé. Consternée par mon manque d’ambition (et de confiance en moi), elle me trouve une formation en alternance aux Gobelins, je passe le concours in extremis et prends mon pied à retrouver l’école et découvrir un boulot qui me plait. On achète un nid dans le 9eme, on se marie en très petit comité, mais avec ma soeur que je ne voyais plus depuis douze ans. La bulle internet éclate, j’apprends à programmer dans l’open space morose. Je repars quelques semaines dans mes jobs alimentaires puis je suis embauché par la bibliothécaire d’une grande école pour informatiser le catalogue. Léonore naît, j’apprends à devenir papa, moi qui pensais ne jamais en être capable. Je trouve un autre boulot dans une grosse boite, mal payé, précaire mais je fais mon trou peu à peu. On déménage encore, pas très loin, un peu plus grand. Ma mère meurt, Diane naît, ce qui nous épuise pas mal, mais ça vaut le coup :).
(c’est raté pour les dix lignes)
Parfois, saisi d’angoisse métaphysique devant l’universelle fragilité des choses, vous vous surprenez à penser : « de 2 choses l’une :demain, je serai en vie ou je serai mort.
Proposition d’une vérité indiscutable…. » vous avez une chance sur 2 de mourir d’ici demain…. »
– Mrs Clooney, comment devenir folle en une leçon
On s’étonne souvent que les ordinateurs ressemblent à notre cerveau. Peut être-ce tout simplement que comme un certain vieux barbu, nous les avons conçu à notre image. Penser binaire, le monde en noir et blanc, n’est pas inscrit dans nos circuits, mais presque. Parce que c’est plus facile. Bien que le plus crétin d’entre nous ait dans sa boite crânienne une puissance de calcul supérieure à la totalité des ordinateurs de la planète (Si vous pensez que les ordinateurs sont stupides, c’est parce qu’ils le sont), le monde est toujours plus compliqué qu’on ne le pense. Totalement impossible à appréhender dans sa complexité. Il nous faut donc le simplifier, l’abstraire, jeter aux orties (ce qui nous parait) le moins important. (C’est d’ailleurs le principe de la compression audio/image/video).
Bon et sinon, j’irais bien voir Tournée quand il sortira. Pour Mathieu Almaric bien sûr.
Ou au moins, j’aurai l’impression d’avoir accompli quelque chose. Qui ne soit pas lécher mon coude. Je ne suis pas loin d’avoir vécu la moitié de ma vie et si la deuxième moitié ressemble à la première, la seule chose dont je pourrai peut être être fier seront mes filles. Ce n’est pas rien, bien sûr, et dans le fond c’est ce qui compte vraiment. Mais avoir pour ambition de se reproduire, de simplement passer le flambeau à la génération suivante, heurte le progressiste qui sommeille en moi. Et puis je ne suis pas du genre à demander à mes enfants de réussir à ma place. Je veux dire, mes filles feront ce qu’elles veulent de leurs vies. Du moment qu’elles soient les premières à poser le pied sur Mars.

Et à défaut de don à l’humanité, je pourrais au moins avoir la décence de m’enrichir, de grimper l’échelle sociale et d’allumer des cigares avec des billets de 5 (parce que quand on est riche, on n’a plus peur du cancer des poumons). De bâtir une fortune, un héritage, d’envoyer mes gosses à Louis Le Grand en limousine, ou au moins de leur payer la fac. Bref, de faire valoir ma volonté de puissance et celle des mes gènes, nécessairement irremplaçables. Sauf la myopie, peut être. Et la procrastination. Et peut être cette inflation de l’ego qui me fait croire que je pourrais faire tout ça, que je devrais le faire au nom de l’humanité et de mon génie méconnu.
Au lieu de simplement vivre, c’est à dire surfer allongé dans mon canapé devant une série américaine, sans la culpabilité diffuse que je pourrais faire mieux que ça.
J’avais déjà publié le prologue, dont l’action se situe au milieu de récit; lorsqu’un groupe d’étudiants assassinent l’un d’entre eux. Ce livre est sans aucun doute celui que j’emmènerais sur une île déserte, en tout cas ce serait l’emblème que je choisirais si je devais répondre à ce genre de question ;) Au delà de la qualité du texte (et de sa traduction), il me touche bien évidemment pour des raisons personnelles. Tout d’abord parce que c’est le seul qui m’ait été recommandé par ma mère, et on peut dire qu’elle a fait mouche. Nous avions pourtant des goûts très différents : elle les biographies fleuves d’artiste, moi la science-fiction.

Je suis Henry, au visage fermé, dont les yeux myopes disparaissent derrière les lunettes. Froid et rationnel à l’extrême, capable de se passionner pour une langue exotique ou une science occulte (J’ai un manuel franco-sioux dans ma bibliothèque). Henry qui conduit trop vite. Capable d’une passion secrète et mélodramatique.
Je suis Charles, Charles le doux, l’attentionné. Charles qui boit trop, l’enfant qui n’a pas grandi et qui veut qu’on l’aime.
Mais surtout je suis Richard, l’imposteur, qui ne se sent à sa place nulle part et joue les caméléons pour s’intégrer. Richard qui préférera risquer la mort que de tomber le masque. Cherchant à tout prix la complicité, fut elle d’un meurtre.
Bon alors je tiens à rassurer tout de suite ma femme avant qu’elle ne se pose des questions sur ma libido : ce n’est pas sans leur uniforme que je les aime, ni en poster. Et pourtant les uniformes c’est pas mon truc d’habitude. Ils auraient plutot tendance à me hérisser le poil, en bon pseudo rebelle attardé. Alors des militaires qui en plus organisent des bals et se tapent toutes les gonzesses à la fin, en théorie, c’est pas mes amis, ni les amis de mes amis. Sauf quand j’ai besoin d’eux.
Quand mon (premier) bébé de neuf mois fait une crise d’asthme. Et paniquer ses parents. Et que j’appelle le 18. Que j’entends leur sirène avant même d’avoir décroché le téléphone. Qu’ils grimpent les six étages plus vite que je ne saurais les descendre. Auscultent ma fille qui bien évidemment va beaucoup mieux subitement, disent que c’est rien mais décident de l’emmener à l’hopital, pour être sûr. Sans se foutre de notre gueule. Et lui donnent cette peluche en chemin.
Bon alors par contre pour la deuxième on est plus zen. Quand elle nous fait 39,8° on lui donne un suppo et au lit.
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C’était un grand classique de mes années étudiantes. Pas plus cher que des pâtes à l’eau, et on a presque l’impression de cuisiner. Rentré tard hier soir, après un détour pour remplir mon panier, j’ai profité de dîner seul pour un petit revival. Oui, je suis le seul à aimer manger épicé, pour l’instant; j’ai bon espoir pour la petite dernière qui est tout sauf timorée. J’attends juste qu’elle ait toutes ses dents de lait.
Ben j’aurais peut être pas dû. J’ai égrené trois ou quatre piments de cayenne dans l’eau de cuisson; parce que dans mon souvenir entiers c’est un peu fade. Deux minutes plus tard j’étais pris d’une quinte de toux, et je n’étais pas le seul. Il a fallu aérer et déserter la cuisine le temps de la cuisson pour éviter l’asphyxie. Je suppose que la vapeur pimentée est un poil urticante. Je n’ose pas imaginer ce que donnerait un piment plus élevé sur l’échelle de Scoville.
Il va falloir que je trouve une autre recette. Sans compter que je me suis bien sûr frotté l’oeil plus tard dans la soirée, et que deux lavages de mains n’avaient pas suffi à tout enlever. Ouch.
P.S. La photo n’est pas un montage (mais ne date pas d’hier).
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Elle a maintenant sept ans et demi, ma grande. Elle n’est plus le presque bébé qu’on voit sur cette photo. Et pourtant ce matin elle m’a fait un gros chagrin, quand je suis repassé par hasard à la maison après avoir déposé Diane chez sa nounou. Parce que je ne lui avais pas fait signe alors qu’elle me guettait à la fenêtre. Parce que je lui manque quand je suis au travail (et elle en vacances). Des grosses larmes comme elle n’en pleure pas souvent.

Je sais que je manque de temps pour elle. La pauvre a du grandir d’un coup à la naissance de sa soeur, à la rentrée du CP. Elle qui avait notre attention exclusive n’en a plus que des bribes. Je me demande comment elle fait pour l’aimer autant, cette petite soeur dont on s’occupe bien plus qu’elle, et qui passe toujours avant elle.
Du coup j’ai passé une demi heure à bavarder avec elle via gtalk, au boulot, avec la complicité de sa maman. Ca lui a bien plu je crois.
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