Le point de vue Huron sur l'autorité dans les sociétés Européennes

Voici le discours que Kondiaronk, Huron, tint au baron de Lahontan (au XVIIeme), qui venait de lui expliquer que sans le chatiment des coupables et la récompense des justes le vol et le crime se répandraient sur la terre.
Qui vous a donné les terres que vous possédez maintenant ? De quel droit les possédez vous ? Elles appartiennent toujours aux Algonquins. En vérité, mon cher frère, je te plains du plus profond de mon âme. Suis mon conseil et deviens Huron. Je vois clairement la profonde différence entre ta condition et la mienne. Je suis le maître de ma condition. Je suis le maître de mon corps, j'ai l' entière disposition de moi-même, je fais ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains absolument aucun homme, je dépends seulement du Grand Esprit. Il n'en est pas de même pour toi, ton corps aussi bien que ton âme sont condamnées à dépendre de ton grand capitaine; ton vice-roi dispose de toi; tu n'as pas la liberté de faire ce que tu as dans l'esprit; tu as peur des voleurs, des faux-témoins, des assassins etc. et tu dépend d'une infinité de personnes dont la place est située au-dessus de la tienne. N'est-ce pas vrai ?
Issu de Pieds nus sur la terre sacrée, T.C. Mac Luhan / E.S. Curtis, Denoël
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