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	<title>fredbird.org &#187; Ecrits</title>
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		<title>Pourquoi fait-on des enfants ?</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Oct 2009 19:58:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand ce n&#8217;est pas par accident, ce qui semble la norme dans les séries américaines où la seule forme de contraception connue semble être l&#8217;avortement. Quand on choisit de faire un enfant donc, quelles peuvent être les raisons qui nous &#8230; <a href="http://fredbird.org/2009/10/pourquoi-fait-on-des-enfants/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/fredbird/91010446/"><img alt="" src="http://farm1.static.flickr.com/15/91010446_4fe90dd1f2_m.jpg" title="Biberon Fluo" class="alignright" width="240" height="180" /></a></p>
<p>Quand ce n&#8217;est pas par accident, ce qui semble la norme dans les séries américaines où la seule forme de contraception connue semble être l&#8217;avortement. Quand on choisit de faire un enfant donc, quelles peuvent être les raisons qui nous poussent à aller au-delà des heures de sommeil perdues, de la liberté envolée, des grasses matinées qui finissent à 08h00, des nuits de débauche qui finissent à 00h15 (et exclusivement le samedi soir), des couches sales, des vomis ?</p>
<p><span id="more-473"></span></p>
<p>(Pour plus de détails, s&#8217;adresser à <a href="http://www.mereindigne.com/">Mère Indigne</a>)</p>
<p>Tout d&#8217;abord, il y a l&#8217;ignorance, bien sûr. Un enfant, c&#8217;est un peu comme un ordinateur Apple : ceux qui en ont vous disent à quel point c&#8217;est formidable, qu&#8217;ils ne peuvent plus s&#8217;en passer et d&#8217;ailleurs ils regardent de haut ceux qui n&#8217;en ont pas (les pauvres). Mais jamais, jamais ils n&#8217;admettront en public le moindre défaut de leur merveille adorée. Ou alors seulement une fois que vous vous serez fait avoir vous aussi, et que vous serez englués jusqu&#8217;au cou et en dehors de toute période de rétractation. Là, seulement, ils vous listeront tous les tracas qu&#8217;ils endurent, et que s&#8217;ils avaient su ils auraient peut être réfléchi à deux fois avant de s&#8217;endetter sur trente ans.</p>
<p>C&#8217;est pas qu&#8217;on regrette, mais il y a des jours où on serait bien restés sous la couette.</p>
<p>Ensuite, il y a le devoir civique de renouvellement des générations, l&#8217;appel de la nature et du système de retraites par répartition. Qu&#8217;est-ce qui pourrait bien nous faire supporter le travail pendant quarante ans si ce n&#8217;est la perspective de faire dorer nos veilles peaux en buvant des cocktails au bord d&#8217;une piscine de Miami ? <strong>Surtout</strong> si en plus, on doit passer nos week-ends à DisneyLand à faire la queue pour <q>it&#8217;s a Small small world</q> et sa musique de l&#8217;enfer. Ah, on me dit dans l&#8217;oreille qu&#8217;on peut très bien se faire payer sa retraite par les <del>prolos</del> enfants des autres.</p>
<p>J&#8217;esquive volontairement depuis le début la réponse la plus évidente : <q>pour les aimer</q>, les chérir comme la prunelle de nos yeux. C&#8217;est faux. La plupart du temps, on les aimera, jusqu&#8217;à rendre négligeables les sacrifices qu&#8217;ils nous imposent (enfin, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;ils emboutissent la berline neuve en début de crédit ou tombent enceintes à quatorze ans). Le coup du trop plein d&#8217;amour à donner c&#8217;est un lieu commun vide de sens &#8211; comment peut on aimer sans objet ?</p>
<p>On ne fait pas des enfants <strong>pour</strong> les aimer, mais pour qu&#8217;ils nous aiment. C&#8217;est notre propre manque affectif que nous cherchons à combler. Ils nous aimeront parce qu&#8217;ils n&#8217;ont pas le choix, nous les faisons dépendants de nous et ce d&#8217;autant plus que nous dépendons d&#8217;eux.</p>
<p>Personnellement, je crois qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;instant où je sois aussi serein, aussi en paix avec moi-même, que lorsque je donne un biberon, mon bébé dans les bras. L&#8217;univers pourrait s&#8217;écrouler à cet instant sans que je lève le petit doigt.</p>
<p>Il va falloir que j&#8217;apprenne à ne pas être si dépendant de cet amour que je ne saurais plus le nourrir du mien.</p>
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		<title>cent je me souviens</title>
		<link>http://fredbird.org/2009/09/cent-je-me-souviens/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 23:15:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Nombril]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me souviens que tout petit, j&#8217;avais voulu prendre ma soeur dans les bras et que je l&#8217;avais fait tomber. Je me souviens que nous habitions aux deux petites cannes, mais je ne sais plus si le numero onze etait &#8230; <a href="http://fredbird.org/2009/09/cent-je-me-souviens/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/fredbird/126278724/"><img alt="" src="http://farm1.static.flickr.com/55/126278724_06bd26019d_m.jpg" title="Nestlé Dessert" class="alignright" width="180" height="240" /></a></p>
<ol>
<li>Je me souviens que tout petit, j&#8217;avais voulu prendre ma soeur dans les bras et que je l&#8217;avais fait tomber.</li>
<li>Je me souviens que nous habitions aux <q>deux petites cannes</q>, mais je ne sais plus si le numero onze etait celui de la rue ou de l&#8217;étage.</li>
<li>Je me souviens que le matin où je me suis fait bouffer le nez par mon chien, j&#8217;avais renversé mon bol de chocolat.</li>
<li>Je me souviens de l&#8217;attente dans la voiture avec le bout du nez qui pend, et que je n&#8217;avais pas mal.</li>
<li>Je me souviens qu&#8217;il a été enterré dans le jardin, et que j&#8217;en ai pleuré.</li>
<li>Je me souviens que ma chienne était plus sympa, et que ma cousine, ma soeur et moi grimpions sur son dos comme à cheval.</li>
<li>Je me souviens que ma cousine et ma soeur avaient mis du rouge à lèvres à mon nounours.</li>
<li>Je me souviens qu&#8217;il y avait une tente d&#8217;enfants dans le jardin.</li>
<li>Je me souviens des beignets de fleur d&#8217;acacia autour de la grande piscine.</li>
<li>Je me souviens que j&#8217;aimais beaucoup les poivrons verts.</li>
<p><span id="more-292"></span></p>
<li>Je me souviens de m&#8217;être endormi en attendant que mon père me fasse un vaccin.</li>
<li>Je me souviens que mon <em>oncle préféré</em> m&#8217;avait montré les plans des vaisseaux de la guerre des étoiles en me faisant croire que c&#8217;est lui qui les avait dessiné. Je crois bien que c&#8217;est pour ça que c&#8217;était mon oncle préféré.</li>
<li>Je me souviens que je trouvais sa femme austère, et que j&#8217;étais triste pour lui quand ils se sont séparés.</li>
<li>Je me souviens que mes parents avaient une 504 dont le cuir des sièges était brûlant après être resté au soleil.</li>
<li>Je me souviens avoir longtemps cru être bon au tir à l&#8217;arc, à cause d&#8217;une médaille <em>en chocolat</em> gagnée au club med.</li>
<li>Je me souviens de mes parents se battant, et de ma soeur et moi se battant aussi, chacun défendant son préféré.</li>
<li>Je me souviens que je préférais ma mère.</li>
<li>Je me souviens que tous les mardi, ma mère m&#8217;avait acheté le journal de Mickey quand je rentrais de l&#8217;école.</li>
<li>Je me souviens que je préférais jouer avec les filles qu&#8217;avec les autres garçons.</li>
<li>Je me souviens que mes billes etait rangées dans une boite en métal cylindrique, de cacao en poudre je crois.</li>
<li>Je me souviens avoir couru après un enfant qui s&#8217;était moqué de ma mère trop grosse, et que je ne l&#8217;ai jamais rattrapé.</li>
<li>Je me souviens du couloir d&#8217;entrée saturé de jouets en vrac. Nous entrions par la véranda de la cuisine, à l&#8217;arrière.</li>
<li>Je me souviens de Grosquick et des petits jouets en plastique dans les paquets de chocolat en poudre.</li>
<li>Je me souviens de ma grand-mère suivant mon grand-père à la trace partout dans leur maison, en râlant; et lui qui continuait tranquillement ce qu&#8217;il faisait en répétant de temps en temps <q>mais oui ma poule</q>.</li>
<li>Je me souviens m&#8217;être dénoncé à la place de ma soeur qui avait joué avec les alumettes, pour en finir plus rapidement avec le sermon parental.</li>
<li>Je me souviens de longues heures passées sur la grosse balançoire à deux places, juste en face de la veranda.</li>
<li>Je me souviens des soupes (en fait, des bouillons) faites avec les légumes du jardin de mes grands-parents.</li>
<li>Je me souviens qu&#8217;il fallait mettre ses patins pour aller sur le parquet.</li>
<li>Je me souviens d&#8217;un antibiotique à la banane pris dans la cuisine.</li>
<li>Je me souviens de Starsky et Hutch le dimanche après-midi.</li>
<li>Je me souviens du clip de <q>Je marche seul</q> de Goldman.</li>
<li>Je me souviens que ma mère nous a appris comment on faisait les bébés un jour, et que ça ne m&#8217;avait pas interessé du tout.</li>
<li>Je me souviens d&#8217;un samedi matin ou je lui ai dit que je ne voulais pas aller à l&#8217;école, et nous ne sommes pas allés à l&#8217;école.</li>
<li>Je me souviens d&#8217;un noël chez mon père et sa nouvelle femme où l&#8217;énorme table du salon était couverte de Lego pour moi.</li>
<li>Je me souviens du passage de la comète de Halley.</li>
<li>Je me souviens que j&#8217;avais un petit téléscope avec des plaques de carton pour observer le soleil.</li>
<li>Je me souviens des rosiers devant la maison.</li>
<li>Je me souviens avoir demandé à mon père de cesser le judo après la première remise de <em>dans</em> où je n&#8217;avais rien eu. Il a accepté.</li>
<li>Je me souviens du prénom et du nom de la première fille dont je suis tombé amoureux (Anne L.)</li>
<li>Je me souviens de la toute petite cour d&#8217;école à Paris, et que je trouvais les autres garçons brutaux.</li>
<li>Je me souviens de la chambre en sous-sol d&#8217;où j&#8217;entendais ma mère écouter <q>Pas toi</q>.</li>
<li>Je me souviens que j&#8217;y faisais les devoirs de ma soeur, lisais des bandes dessinées et construisais des Transformers en Lego.</li>
<li>Je me souviens des plats chinois que nous allions chercher avec ma soeur.</li>
<li>Je me souviens avoir dessiné le monstre de mes cauchemards éveillés chez le psy (une sorte de variation de Casimir).</li>
<li>Je me souviens que ma mère disait avoir un QI de 142, et pensait que le mien était encore plus élevé (ce qui est faux).</li>
<li>Je me souviens du pique-nique sur les pelouses de l&#8217;hopital St-Anne, pour rendre visite à ma mère.</li>
<li>Je me souviens du voyage en avion, le coeur serré, pour aller vivre chez mon père et sa femme.</li>
<li>Je me souviens que son fils avec qui je partageais la chambre avait un poster de Sabrina.</li>
<li>Je me souviens que je ne le supportais pas.</li>
<li>Je me souviens des dimanches passés à ramasser des pierres pour construire les terrasses de son terrain en pente.</li>
<li>Je me souviens avoir passé une soirée devant une assiette d&#8217;aubergines que je ne voulais pas manger, et que j&#8217;ai fini par la vomir.</li>
<li>Je me souviens de ma première et unique bagarre, avec l&#8217;ex-chouchou de la maitresse qui s&#8217;était fait piquer sa place par le petit nouveau, enfant de divorcés.</li>
<li>Je me souviens des étés en caravane avec ma mère et mon beau-père, du Kouign-Aman et des coques.</li>
<li>Je me souviens que j&#8217;aimais assez le long trajet à pied quand je ratais le bus pour l&#8217;école.</li>
<li>Je me souviens que mon professeur d&#8217;anglais en sixième nous avait montré son tatouage des camps de concentration.</li>
<li>Je me souviens de la première leçon : <cite>What&#8217;s this ? It&#8217;s a cat, it&#8217;s a dog, it&#8217;s an elephant.</cite></li>
<li>Je me souviens que mon meilleur ami en cinquième venait lui aussi de Paris, que ses parents venaient de Centrafrique, et de la compétition avec lui pour avoir les meilleures notes. Mais je ne me souviens pas de son prénom.</li>
<li>Je me souviens que la prof de maths était borgne.</li>
<li>Je me souviens m&#8217;être caché dans un buisson dans un aéroport.</li>
<li>Je me souviens du sourire formidable de mon grand père, et du rire de sa femme.</li>
<li>Je me souviens des filles.</li>
<li>Je me souviens du bruit des trains de marchandise, la nuit, et que j&#8217;aimais bien ça.</li>
<li>Je me souviens de l&#8217;haleine fétide de mon prof d&#8217;histoire en troisième, qui s&#8217;asseyait près de moi. Il roulait à vélo.</li>
<li>Je me souviens d&#8217;<q>à l&#8217;ouest, rien de nouveau</q>, de mes notes déplorables en grammaire et en musique.</li>
<li>Je me souviens qu&#8217;à partir de la quatrième, je n&#8217;étais plus un bon élève.</li>
<li>Je me souviens des trajets de retour du collège avec mon meilleur ami.</li>
<li>Je me souviens de l&#8217;Amstrad 6128, et de mes premiers programmes en Basic.</li>
<li>Je me souviens d&#8217;avoir fumé ma première cigarette seul à la terrasse d&#8217;un café, une Royale ultra légère pour faire attention à ma santé.</li>
<li>Je me souviens que six mois plus tard je fumais un paquet de Golden American par jour.</li>
<li>Je me souviens que je n&#8217;avais pas besoin de me cacher pour fumer.</li>
<li>Je me souviens du saule pleureur gigantesque devant ma fenêtre.</li>
<li>Je me souviens du concours puis du club de poésie auquel j&#8217;allais en scooter rouge.</li>
<li>Je me souviens de mes footings sur les bords de Marne.</li>
<li>Je me souviens de mes premières vacances sans parents en Dordogne, des boites de nuit de province et d&#8217;avoir essayé de fumer des feuilles de tabac séché.</li>
<li>Je me souviens des parties de Risk et de jeu de rôle avec les amis.</li>
<li>Je me souviens encore des stats de mon personnage, je crois.</li>
<li>Je me souviens de mon premier job d&#8217;été, et de l&#8217;ordinateur que je me suis payé avec.</li>
<li>Je me souviens de l&#8217;année chez mon beau-père et de ses gitanes brunes.</li>
<li>Je me souviens des balades en voiture le dimanche et des cassettes dans l&#8217;autoradio.</li>
<li>Je me souviens des trajets à vélo tôt le matin pour travailler à la boulangerie du supermarché.</li>
<li>Je me souviens des heures passées dans les bars à jouer au baby-foot.</li>
<li>Je me souviens d&#8217;avoir ouvert une bible au hasard et être tombé sur <q>esclave, tu chériras ton maître</q>.</li>
<li>Je me souviens d&#8217;avoir tenté de persuader une copine de ne pas se faire baptiser.</li>
<li>Je me souviens du joint fumé avec son père.</li>
<li>Je me souviens de la soirée où j&#8217;ai embrassé ma future femme pour la première fois.</li>
<li>Je me souviens des soirées de beuverie, et que j&#8217;étais toujours le premier à vomir (souvent le seul).</li>
<li>Je me souviens de la fac.</li>
<li>Je me souviens du désespoir amoureux.</li>
<li>Je me souviens de la robe bleu roi que j&#8217;avais confectionné pour une amie.</li>
<li>Je me souviens d&#8217;une nuit où j&#8217;ai dormi sur un banc.</li>
<li>Je me souviens des spaghettis au piment que je servais à mes amis sur le carton qui me servait de table.</li>
<li>Je me souviens du soir où je ne me suis pas suicidé.</li>
<li>Je me souviens de ce soir allongés sur la toit, où il s&#8217;est mis à pleuvoir, et des semaines qui ont suivi.</li>
<li>Je me souviens de nos parties d&#8217;echec et des orages que nous regardions nus à la fenêtre.</li>
<li>Je me souviens des catacombes.</li>
<li>Je me souviens que je craignais les appels téléphoniques de ma mère.</li>
<li>Je me souviens de ta robe blanche et de la valse à mille temps.</li>
<li>Je me souviens d&#8217;avoir forcé la porte de la salle de bains.</li>
<li>Je me souviens du dimanche six octobre deux mille deux à vingt et une heures cinquante sept.</li>
<li>Je me souviens du jeudi onze septembre deux mille huit à dix-neuf heures douze.</li>
</ol>
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		<title>Modèles, politique, et sémantique générale</title>
		<link>http://fredbird.org/2007/07/modeles-politique-et-semantique-generale/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Jul 2007 20:24:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Korzybski]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu’est ce qu’un modèle ? Un modèle c’est une vue simplifiée de la réalité. Concevoir, utiliser un modèle, c’est reconnaitre que nos cerveaux sont limités et ne peuvent pas embrasser le monde entier dans sa complexité : pour penser la &#8230; <a href="http://fredbird.org/2007/07/modeles-politique-et-semantique-generale/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote lang="fr">
<h3>Qu’est ce qu’un modèle ?</h3>
<p>Un modèle c’est une vue simplifiée de la réalité. Concevoir, utiliser un modèle, c’est reconnaitre que nos cerveaux sont limités et ne peuvent pas embrasser le monde entier dans sa complexité : pour penser la réalité, il faut la modéliser (sauf si l’action ne nous intéresse pas, auquel cas on peut simplement laisser la pensée fôlatrer de manière contemplative à travers la complexité du monde). Donc : pour penser la réalité en vue d’une compréhension active, il faut utiliser des modèles, qui sont des simplifications.</p>
<h3>Tous les niveaux de complexité sont utiles</h3>
<p>Le degré de simplification de la réalité qu’implique le modèle représente le niveau de détail qu’il pourra atteindre dans sa description ; et ce degré de précision n’est pas dépendant d’un quelconque amour de la vérité, mais bien plutôt du type d’action recherchée. On peut décrire une même réalité avec différents modèles, plus ou moins complexes et précis, selon l’utilisation que l’on veut en faire.</p>
<p>&#8211; Lomig Unger, <a href="http://www.blomig.com/2007/06/25/le-modele-un-outil-indispensable/" hreflang="fr">Le modèle : un outil indispensable</a>, juin 2007</p>
</blockquote>
<p><em>Lorsque je suis tombé sur ce billet, je me suis abonné au flux de syndication. Il s&#8217;est avéré, en fouillant un peu, que l&#8217;auteur et moi n&#8217;avons visiblement pas (du tout) les mêmes modèles politiques. Voici quelques extraits de notre discussion.</em></p>
<ul>
<li><strong>Fred Bird :</strong> Eh bien je ne me sens pas l’âme d’un ennemi de la vérité (qui le revendiquerait ?), mais les concepts de droite, de gauche, de riche et de pauvre me semblent loin d’être obsolètes. Bien souvent ceux qui se réclament du bon sens et du pragmatisme ne sont ni à gauche, ni à gauche. (Sur ce point, je considère le libéralisme comme une dangereuse utopie &#8211; ou contre-utopie, selon les points de vue).</li>
<li><strong>Lomig :</strong> Oui c’est classique : quand on dit à quelqu’un qui se réclame de la gauche, qu’on ne se sent ni de gauche, ni de droite, il nous classe généralement à droite ! intéressant. Normal, en fait. Celui qui refuse de se positionner comme un “ami” politique, il est plus facile de le classer en “ennemi” que d’admettre que la ligne de démarcation “amis politiques”/”ennemis politiques” est peut être un peu erronée… (je ne parle pas pour toi, là, mais en général).<br />
En ce qui concerne le libéralisme, ce n’est pas une utopie, mais une philosophie du droit, et de la justice. Et ce n’est, pour le coup, ni de droite, ni de gauche (ou plus justement, de droite et de gauche).</li>
<li>
<p><strong>Fred Bird :</strong> Eh bien statistiquement, c’est souvent vrai. Cela est probablement en partie dû à l’attitude que tu décris (qui n’est pas avec moi est contre moi) de la part de beaucoup de gens “de gauche”, mais quant on creuse, 9 fois sur 10, un apolitique autoproclamé a des convictions de droite.</p>
<p>L’idéologie est quelque chose qui peut tout à fait s’assumer, plutôt que d’avancer masqué en se réclamant de pragmatisme et de vérité. On en revient au modèles : je sais d’où viennent mes grilles de lecture et je connais leur limites, ou plus exactement je suis tout à fait conscient qu’elles en ont; ce qui n’est pas le cas de la plupart des gens, qu’ils soient de droite ou de gauche. Là encore, lisez <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Korzybski" hreflang="fr">Korzybski</a> et sa critique des conceptions aristotéliciennes du monde. Le monde est trop complexe pour que nous puissions le comprendre, et il nous faut agir en fonction d’abstractions fatalement imparfaites et déformées par notre contexte cognitif.</p>
<p>Le libéralisme (économique) est une utopie car il suppose une autorégulation miraculeuse de l’économie alors même que l’économie n’est pas un fait naturel mais un artefact de la volonté humaine. C’est de plus une abstraction qui évacue tellement de réalités (écologie, psychologie, sociologie) qu’on est carrément dans le monde des idées de Platon.</p>
</li>
<li>
<p><strong>Lomig :</strong> pour retomber sur le sujet initial, on pourrait dire : nos convictions sont nos modèles, et la confrontation avec la vérité (la réalité) conduit nécessairement à les modifier. C’est notre travail de toujours éviter de prendre nos convictions pour des réalités, ou pour la vérité.<br />
C’est le travail du doute qui évite que l’on reste avec des convictions toutes rances, et plus du tout connectés avec le réel.</p>
<blockquote><p>Le doute est le sel de l’esprit. Sans lui, toutes les connaissances sont bientôt pourries. &#8212; Alain</p></blockquote>
</li>
<li>
<p><strong>Fred Bird :</strong> Je pense que c’est un peu plus complexe que ça. La réalité n’est justement pas une boussole qu’il suffirait de consulter de temps à autre pour s’assurer qu’on ne fait pas fausse route.</p>
<p>Les instruments que nous utilisons pour la percevoir sont non seulement nos organes sensoriels limités, mais aussi notre intellect qui (re)construit un modèle à partir des sens… et de présupposés potentiellement inexacts. Une perception est toujours recombinée avec des centaines d’autres informations : autres perceptions, affects, constructions théoriques etc. Au final, la “vérité” reconstruite ne tire de la réalité qu’une infime partie de sa substance.</p>
<p>Je ne parle même pas de la perception que l’on a du monde via le filtre d’une foultitude d’autres êtres humains ayant chacun leurs modèles propres.</p>
</li>
</ul>
<p>Pour aller plus loin, je vous invite à lire <a href="http://www.esgs.org/fr/sd.htm" hreflang="fr">cette page sur le differentiel structurel</a>, qui est un schéma des processus cognitifs selon Korsybski.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quelle voie de dépassement du capitalisme ?</title>
		<link>http://fredbird.org/2007/01/quelle-voie-de-depassement-du-capitalisme/</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Jan 2007 21:48:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[prospective]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;air n&#8217;est plus franchement à la mode depuis que la chute du mur et l&#8217;effondrement de l&#8217;Union Soviétique autorisent nombre d&#8217;éditorialistes à enterrer le projet communiste, mais malgré tout certains s&#8217;interrogent encore sur le dépassement du capitalisme. Dont moi. Pendant &#8230; <a href="http://fredbird.org/2007/01/quelle-voie-de-depassement-du-capitalisme/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;air n&#8217;est plus franchement à la mode depuis que la <em>chute du mur</em> et <em>l&#8217;effondrement de l&#8217;Union Soviétique</em> autorisent nombre d&#8217;éditorialistes à enterrer le projet communiste, mais malgré tout certains s&#8217;interrogent encore sur le dépassement du capitalisme. Dont moi.</p>
<p>Pendant longtemps, l&#8217;alternative majeure, évidente, de la société capitaliste fut la société communiste. Historiquement, ses partisans se rangent en trois grandes familles, divisés sur les <em>moyens</em> d&#8217;y parvenir, bien que leur vision théoriquement commune de la <em>fin</em>, la société communiste diverge implicitement en fonction de leur culture propre, et ne se regroupe qu&#8217;en négatif dans la critique partagée de la société capitaliste : tous plus ou moins d&#8217;accord sur ce que l&#8217;on ne veut pas.</p>
<p><span id="more-293"></span></p>
<ul>
<li>
<p><a href="http://flickr.com/photos/64397148@N00/279978505/" title="l'assemblée nationale, par Graham Chandler"><img src="http://farm1.static.flickr.com/89/279978505_4a18f74875_m.jpg" alt="l'assemblée nationale" /></a>Pour les <strong>socialistes</strong>, la voie de référence est le réformisme : la transformation de la société capitaliste en société communiste s&#8217;effectue progressivement via le contrôle des instances de pouvoir légales du pays. Il va de soi que ce n&#8217;est possible que dans un pays suffisamment démocratique pour que le gouvernement soit élu par le peuple.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, il me semble que les partis socialistes n&#8217;envisagent tout simplement plus le dépassement du capitalisme comme leur horizon politique, et ceux qui le font encore sont souvent traités de dinosaures (je pense par exemple à Henri Emmanuelli au sein du PS français.).</p>
<p>Les raisons avancées de l&#8217;échec de cette voie sont diverses : manque de volonté, incompatibilité de la démocratie, collusion du pouvoir politique avec le pouvoir économique, etc. Pour ma part je pense que si ce n&#8217;est impossible, il est du moins très improbable que la transition puisse venir du pouvoir politique, qui tend avant tout à se perpétuer lui-même. Malgré tout, le pouvoir politique n&#8217;est pas sans influence sur l&#8217;organisation sociale, les conditions matérielles et d&#8217;éducation de la population, qui sont des critères importants de viabilité du projet communiste.</p>
</li>
<li>
<p><a href="http://flickr.com/photos/pietroizzo/275682574/" title="hasta la victoria sempre, par pietroizzo"><img src="http://farm1.static.flickr.com/101/275682574_8bac41215d_m.jpg" alt="hasta la victoria sempre" /></a> Pour les <strong>communistes</strong> (aussi appelés communistes autoritaires, ou <q>stals</q> en référence à leur paradigme staliniste), l&#8217;établissement de la société communiste se fait également via le pouvoir politique, mais cette fois-ci après une révolution (ou bien souvent, un coup d&#8217;état) et la mise en place d&#8217;une dictature du prolétariat, ceci afin de contrer les forces réactionnaires du capital qui tendent à manipuler le pouvoir politique des démocraties.</p>
<p>La critique est ici encore plus facile : sans parler des dérives totalitaires des régimes qui se sont réclamés de cette idéologie, il est paradoxal que l&#8217;abolition de l&#8217;état (du pouvoir politique) qui est inscrit dans le projet communiste, puisse passer par le renforcement de celui-ci. En pratique, c&#8217;est établir une nouvelle caste dirigeante qui se substitue à l&#8217;ancienne bourgeoisie et cherchera avant toute chose à se maintenir au pouvoir.</p>
<p>On notera que la plupart des partis politiques de cette obédience ont fini par abandonner la voie dictatoriale et ont pris la relève de la voie <em>socialiste</em>, le réformisme. (C&#8217;est le cas du PCF et de la LCR, LO pour sa part ne considère toujours les élections que comme une tribune médiatique).</p>
</li>
<li>
<p><a href="http://flickr.com/photos/jaumedurgell/355289028/" title="International Works Asociate - IWA, par Jaume d'Urgell"><img src="http://farm1.static.flickr.com/160/355289028_dc45022962_m.jpg" alt="la première Internationale" /></a>Pour les <strong>anarchistes</strong> (ou du moins la part des anarchistes, difficile à évaluer mais non négligeable, qui se reconnait dans le projet communiste, souvent appelés communistes libertaires ou simplement libertaires), il faut tout simplement (sic) établir directement la société communiste via une révolution.</p>
<p>Plus sérieusement, l&#8217;essentiel de la transition est censé se faire avant la révolution, ou plutôt avant l&#8217;abolition finale du pouvoir politique et de l&#8217;état, par une lutte continue contre le capital et l&#8217;apprentissage de l&#8217;autogestion au sein même des organisations de lutte, c&#8217;est à dire essentiellement les syndicats (cf la <a href="http://www.cnt-f.org/" hreflang="fr">CNT</a> ou <a href="http://www.solidaires.org/" hreflang="fr">SUD/Solidaires</a> ).</p>
<p>A la lutte proprement dit doit bien évidemment s&#8217;associer un important travail de propagande, et surtout d&#8217;éducation à une organisation a-hiérarchique, de type démocratie participative et fédéraliste de la société dans son ensemble. C&#8217;est à dire de la sphère politique mais aussi économique et sociale, puisque l&#8217;économie capitaliste est structurée hiérarchiquement par la possession du capital, et ne connait de la démocratie que l&#8217;intervention plus ou moins importante de l&#8217;état.</p>
<p>Ce qui coince dans cette perspective (à mon humble avis de <em>sympathisant</em> libertaire) c&#8217;est d&#8217;abord le cadre restreint de <em>la lutte</em> (syndicaliste), qui ne touche qu&#8217;une frange infime de la population; elle ne concerne pas ou est difficilement praticable par les chômeurs, les salariés de petites entreprises ou les artisans et commerçants. Quant au rapport de forces, ne serait-ce que concernant la propagande (ou impact médiatique, pour parler novlangue), entre le capital et le prolétariat, il est de l&#8217;ordre du risible (jaune).</p>
</li>
</ul>
<p><em>La suite au prochain <del>épisode</del> billet&#8230;</em></p>
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		<title>Des jeux et des contenus libres</title>
		<link>http://fredbird.org/2006/09/des-jeux-et-des-contenus-libres/</link>
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		<pubDate>Mon, 18 Sep 2006 22:24:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Informatique]]></category>
		<category><![CDATA[jeu vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[linux]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est une question que chaque croisé de linux et du logiciel libre redoute particulièrement lorsqu&#8217;il vante les mérites de son système d&#8217;exploitation préféré : Et les jeux ? Parce qu&#8217;il faut bien avouer que de ce coté là, c&#8217;est &#8230; <a href="http://fredbird.org/2006/09/des-jeux-et-des-contenus-libres/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est une question que chaque croisé de linux et du logiciel libre redoute particulièrement lorsqu&#8217;il vante les mérites de son système d&#8217;exploitation préféré : <q>Et les jeux ?</q></p>
<p><img src="http://fredbird.org/wp-content/uploads/2009/03/battle-for-wesnoth-240.jpg" alt="capture d&#039;ecran de Battle For Wesnoth" title="capture d&#039;ecran de Battle For Wesnoth" width="240" height="180" class="alignleft size-full wp-image-101" /></p>
<p>Parce qu&#8217;il faut bien avouer que de ce coté là, c&#8217;est pas folichon. Hormis les <acronym title="First Person Shooter">FPS</acronym>, rien de bien sexy pour les joueurs invétérés. Les fleurons que sont <a href="http://www.freeciv.org/" hreflang="en">Freeciv</a>, <a href="http://www.wesnoth.org/" hreflang="en">Wesnoth</a>, <a href="http://supertux.berlios.de/" hreflang="en">SuperTux</a> feront ricaner comme une hyène le moindre <em>gamer</em> à qui vous en parlerez. Moi je ne compte pas, même lorsque j&#8217;utilisais encore Windows je passais des heures sur des oldies en 3D isometriques, qui pour la plupart n&#8217;avaient même pas connu la gloire.</p>
<p>Et encore, rares sont les classiques des jeux videos qui ont un clone decent sous GNU/Linux. Les plus accros des joueurs libristes devront lutter avec des solutions de type emulation (<a href="http://www.winehq.com/" hreflang="en">Wine</a>, <a href="http://dosbox.sourceforge.net/" hreflang="en">Dosbox</a>) pour s&#8217;amuser sans avoir à rebooter sur l&#8217;<acronym title="Operating System">OS</acronym> aux fenetres.</p>
<p>(Histoire de ne pas dresser un tableau trop noir, sachez qu&#8217;il existe quand même quelques jeux fort sympathiques, allez par exemple faire un tour du coté de <a href="http://jeuxlibres.net/" hreflang="fr">Jeux libres</a>)</p>
<p><img src="http://fredbird.org/wp-content/uploads/2005/06/cc-logo-162x40.png" alt="Logo Creative Commons" title="Logo Creative Commons" width="162" height="40" class="alignleft size-full wp-image-172" /></p>
<p>Outre la question cruciale du financement (le jeu video est un secteur particulierement juteux de l&#8217;informatique proprietaire), un des problèmes récurrents des projets de jeu libre est commun à tout le logiciel-libre : le manque de graphistes. En 2006, le logiciel-libre est encore avant tout un truc de programmeurs. Le versement de son travail au pot commun est probablement plus facile lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de code source que lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de contenu et de graphisme. Une librairie ne s&#8217;use pas lorsqu&#8217;elle est utilisée, au contraire cela renforce sa pérennité, alors qu&#8217;une image, un style graphique sont plus <em>consommables</em>. De plus, l&#8217;investissement créatif renforce le sentiment de propriété et la peur de dépossession de son oeuvre. A ce sujet, on notera pourtant que les graphistes sont presque toujours obligés de céder la propriété intellectuelle de leur oeuvre lorsqu&#8217;ils travaillent pour des jeux commerciaux, ce qui ne serait pas le cas avec des licences libres de type <a href="http://fr.creativecommons.org/" hreflang="fr">Creative Commons</a>.</p>
<p>Ce qui est un problème de ressources pour le logiciel libre l&#8217;est tout autant pour les jeux commerciaux : le contenu coute cher. Nombreux sont les jeux qui heriteront de graphismes pauvres et répétitifs, d&#8217;un scenario et de dialogues baclés, faute de budget. Et voici l&#8217;idée de génie que la communauté ferait bien d&#8217;emprunter au futur jeu de Maxis, <a href="http://spore.com" hreflang="en">Spore</a> (ainsi qu&#8217;au <em>Web 2.0</em> se diront les plus branchés d&#8217;entre vous) : faire produire les contenus par l&#8217;utilisateur.</p>
<p><img src="http://fredbird.org/wp-content/uploads/2009/03/spore-creature-editor-240.jpg" alt="editeur de creatures de Spore" title="editeur de creatures de Spore" width="240" height="180" class="alignleft size-full wp-image-111" /></p>
<p>Spore, qui au demeurant s&#8217;annonce assez sympathique, inclura plusieurs éditeurs (créatures, batiments, véhicules) au sein même du jeu, suffisamment ergonomiques pour pouvoir être facilement pris en main. Les éléments ainsi créés seront partagés entre les joueurs via internet, offrant au jeu une diversité bien au-delà de ce qu&#8217;aurait pu fournir un bataillon de graphistes. Chaque élément sera encodé sous forme de &laquo;&nbsp;code génétique&nbsp;&raquo; de manière à ne peser que quelques kilo-octets (ce qui est tout à fait banal pour une image vectorielle par exemple). Le moteur de jeu se charge de calculer les animations à partir du modèle physique des éléments.</p>
<p>Plutot que de simplement tenter de cloner Spore, la méthode est à reprendre à l&#8217;échelle de la communauté :</p>
<ul>
<li>Définir quelques formats standards de brique de contenu : tuiles 3D iso, palettes de couleur, modèles 3D simplifiés etc</li>
<li>Quelques editeurs graphiques simples et ergonomiques</li>
<li>Un ou plusieurs editeurs (inclus dans les jeux ?) permettant de rajouter les meta données propres à un jeu, de composer des sets etc</li>
<li>Et bien sûr, un système de partage en reseau</li>
</ul>
<p>Plus facile à dire qu&#8217;à faire, bien sûr, d&#8217;autant que le jeu et le client riche ne sont pas franchement mon terrain de jeu; mais je crois qu&#8217;il y a là matière à enrichissement de l&#8217;expérience ludique sur plate-formes libres.</p>
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		<title>Blattes et test de turing</title>
		<link>http://fredbird.org/2006/06/blattes-et-test-de-turing/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Jun 2006 22:08:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Informatique]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[web]]></category>

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		<description><![CDATA[A vue d&#8217;oeil, le cafard artificiel, baptisé InsBot, fabriqué par l&#8217;Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, ne ressemble pas à un insecte. Plutôt à un vulgaire cube électronique de 3 centimètres sur 4, équipé de moteurs et d&#8217;une caméra miniature. Mais &#8230; <a href="http://fredbird.org/2006/06/blattes-et-test-de-turing/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>A vue d&#8217;oeil, le cafard artificiel, baptisé InsBot, fabriqué par l&#8217;Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, ne ressemble pas à un insecte. Plutôt à un vulgaire cube électronique de 3 centimètres sur 4, équipé de moteurs et d&#8217;une caméra miniature. Mais il se déplace exactement comme une blatte et il est couvert de phéromones &#8211; des &laquo;&nbsp;odeurs&nbsp;&raquo; essentielles à la communication animale &#8211; identiques à celle des insectes.</p>
<p>En faisant cohabiter leurres et blattes pendant des milliers d&#8217;heures, l&#8217;équipe de Bruxelles a étudié comment les automates pouvaient infléchir le comportement du groupe. Sachant que les cafards préfèrent se reposer dans l&#8217;obscurité, ils ont mis à leur disposition deux abris, un clair et un sombre. Les cafards préfèrent le noir. Mais les scientifiques ont découvert que lorsqu&#8217;un nombre suffisant de robots était programmé pour se rendre dans l&#8217;abri clair, la colonie entière était prête à s&#8217;y réfugier, pour le simple plaisir de se retrouver ensemble !</p>
<p>&#8211; <a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-784810@51-784955,0.html" hreflang="fr">Le Monde, 18/06/2006</a></p>
</blockquote>
<p>Il est intéressant de noter que le robot en question n&#8217;a pas eu besoin de prendre toutes les caractéristiques d&#8217;une blatte pour être reconnu comme l&#8217;une d&#8217;entre elles. Il lui a suffi d&#8217;emprunter les signaux d&#8217;appartenance <strong>perceptibles</strong> par les autres individus, et par simple effet d&#8217;entrainement, d&#8217;influer sur le comportement du groupe.</p>
<p>La blatte n&#8217;est pas le seul animal social sur cette planète, loin de là. Je pense notamment à une autre espèce qui y pullule et ne semble parfois guère plus intelligente : l&#8217;humanité. Imaginez un instant des milliers, des dizaines de milliers de blogs tenus par des robots. Connaissez-vous physiquement les auteurs des blogs que vous lisez ? Pour ma part, presque aucun. Je suppose pourtant leurs auteurs comme membres de mon espèce parce que les signaux de reconnaissance qu&#8217;ils émettent, et que je peux capter par l&#8217;intermédiaire de cette extension sensorielle qu&#8217;est le web, me semblent tout à fait acceptables : usage correct (la plupart du temps) d&#8217;un language écrit, références à un contexte socio-culturel partagé pour l&#8217;essentiel, etc.</p>
<p>Pourtant chacun d&#8217;entre eux pourrait très bien n&#8217;être qu&#8217;un programme informatique, simulant l&#8217;activité d&#8217;un être humain sur internet. Il n&#8217;y a aucune impossibilité technique à cela, et chaque blog est un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Test_de_Turing" hreflang="fr">test de Turing</a> en puissance.</p>
<p>Je suis loin d&#8217;être un expert en la matière, mais si je doute qu&#8217;en l&#8217;etat actuel de nos connaissances, un programme informatique puisse passer avec succès le test de Turing de manière systématique; je pense que cela serait par contre possible de manière <strong>statistique</strong>. Il n&#8217;est pas impossible de générer un grand nombre de blogs, et de les alimenter en billets de manière à ce qu&#8217;au moins une partie d&#8217;entre eux passent pour humains pour <em>la plupart</em> des lecteurs. Difficile, mais pas impossible.</p>
<p>Il s&#8217;agit là d&#8217;une version plus facile du test de Turing, puisque les blogs sont essentiellement un monologue (hormis les commentaires). Mais cela pourrait être tout à fait suffisant pour infléchir statistiquement l&#8217;opinion de la population de lecteurs sur un sujet trivial &#8211; une habitude de consommation, par exemple. Pour commencer.</p>
<p>Bien évidemment, de nos jours, il est bien plus efficace et rentable d&#8217;influer sur le comportement des masses par un media reprenant la structure hiérarchique pyramidale de nos sociétés : par la diffusion de spots télévisés, par exemple.</p>
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		<item>
		<title>Le libéralisme, un combat d&#8217;arrière garde ?</title>
		<link>http://fredbird.org/2005/11/le-liberalisme-un-combat-darriere-garde/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Nov 2005 08:23:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;idée, assez séduisante, me travaille depuis quelques mois. Ayant peur de m&#8217;emballer à tort, j&#8217;hésitais à faire un billet là-dessus. Et voilà que Courrier International nÂ°779 (oui, l&#8217;ecriture de ce billet date un peu) fait sa une sur La mondialisation &#8230; <a href="http://fredbird.org/2005/11/le-liberalisme-un-combat-darriere-garde/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;idée, assez séduisante, me travaille depuis quelques mois. Ayant peur de m&#8217;emballer à tort, j&#8217;hésitais à faire un billet là-dessus. Et voilà que <a href="http://www.courrierinternational.com" hreflang="fr">Courrier International</a> nÂ°779 (oui, l&#8217;ecriture de ce billet date un peu) fait sa une sur <a href="http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=55738" hreflang="fr">La mondialisation : vie et mort d&#8217;une idéologie</a>.</p>
<p><q>Mondialisation</q> etait l&#8217;appellation soft et positive du libéralisme il y a quelques années, à l&#8217;époque dont on se souviendra peut être dans quelques temps comme son apogée. Car c&#8217;est bien de la décrue annoncée de la marée libérale qu&#8217;il s&#8217;agit. Pas encore de quoi sabrer le champagne (pour la <a href="http://radical-chic.com/" hreflang="fr">gauche caviar</a>, moi je me contenterai d&#8217;un muscat bon marché), mais il y a comme un frémissement, quelques premières fissures dans le bunker de commande.</p>
<p><span id="more-242"></span></p>
<p>Le rejet du <acronym title="Traité Constitutionnel Européen">TCE</acronym> (<em>la victoire du Non</em>) a pour une bonne part (pas seulement bien sûr) été une victoire idéologique de la gauche, disons, marxiste, contre cette forme débridée de capitalisme. Parmi les principaux arguments contre le TCE étaient qu&#8217;il dictait explicitement une politique économique libérale et qu&#8217;il était difficilement révisable. Et il n&#8217;est pas impossible que la tentative de <em>graver dans le marbre</em> d&#8217;une constitution une politique économique soit elle-même le premier signe de son déclin.</p>
<blockquote>
<p>Comment se fait-il que l&#8217;accroissement sans précédent de la masse<br />
monétaire se soit traduit par un tarissement des fonds pour les<br />
services publics ? Pourquoi cette augmentation des capitaux<br />
enrichit-elle surtout ceux qui ont déjà de l&#8217;argent ? Pourquoi cela<br />
a-t-il conduit à un creusement du fossé entre les riches et les<br />
pauvres, et à un resserrement de la classe moyenne ? Pourquoi, dans de<br />
nombreux cas, la privatisation des services publics n&#8217;a-t-elle ni<br />
amélioré le service, ni réduit son coût pour l&#8217;usager, mais seulement<br />
garanti une source de bénéfices aux nouveaux propriétaires, tandis que<br />
les investissements dans les infrastructures diminuaient comme peau de<br />
chagrin ?</p>
<p>&#8211; John Ralston Saul, Harper&#8217;s Magazine (repris dans <a href="http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=55738&amp;provenance=zop.archives" hreflang="fr">Courrier International</a>)</p>
</blockquote>
<p>Le fait est que le libéralisme n&#8217;est pas (du moins en Europe, encore moins en France) une politique économique souhaitée par l&#8217;opinion publique, et l&#8217;est de moins en moins au fur et à mesure que ses effets deviennent manifestes. L&#8217;essentiel du travail politique des dernières décennies a donc été de réduire le pouvoir de l&#8217;état (par transfert vers l&#8217;Europe, notamment) afin de mettre le pouvoir économique à l&#8217;abri de la démocratie. C&#8217;est que les salariés sont les grands perdants de cette économie, qui est faite par et pour les actionnaires; et la démocratie contrairement à la Bourse n&#8217;accorde qu&#8217;une voix par personne, quelle que soit son compte en banque. Salauds de pauvres.</p>
<p>Alors bien sûr, le retour à une forme de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#L.E2.80.99intervention_publique_selon_Keynes" hreflang="fr" class="wikipedia">keynésianisme</a> n&#8217;est pas pour aujourd&#8217;hui, peut-être même pas pour 2007, mais il est permis de penser que comme pour le pétrole, on approche bientôt du début de la fin du libéralisme.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Pourquoi je préfère les logiciels libres / l&#8217;open source</title>
		<link>http://fredbird.org/2005/06/pourquoi-je-prefere-les-logiciels-libres-lopen-source/</link>
		<comments>http://fredbird.org/2005/06/pourquoi-je-prefere-les-logiciels-libres-lopen-source/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2005 16:41:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Informatique]]></category>

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		<description><![CDATA[Je n&#8217;utilise pas MSN, mais ICQ et Jabber (jabber.org). Je n&#8217;utilise pas MS Office, mais Open Office voire Abiword. Je n&#8217;utilise pas Internet Explorer mais Firefox, pas Outlook/Outlook express mais Thunderbird, Sunbird et Psi. J&#8217;utilise Windows Je n&#8217;utilise plus Windows, &#8230; <a href="http://fredbird.org/2005/06/pourquoi-je-prefere-les-logiciels-libres-lopen-source/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je n&#8217;utilise pas <acronym title="MicroSoft Network messenger">MSN</acronym>, mais <acronym title="I seek you">ICQ</acronym> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jabber">Jabber</a> (<a href="http://www.jabber.org/">jabber.org</a>). Je n&#8217;utilise pas MS Office, mais <a href="http://fr.openoffice.org/">Open Office</a> voire <a href="http://www.abisource.com/">Abiword</a>. Je n&#8217;utilise pas Internet Explorer mais <a href="http://www.mozilla-europe.org/fr/products/firefox">Firefox</a>, pas Outlook/Outlook express mais <a href="http://www.mozilla-europe.org/fr/products/thunderbird">Thunderbird</a>, <a href="http://www.mozilla.org/projects/calendar/sunbird.html">Sunbird</a> et <a href="http://psi.affinix.com/">Psi</a>. <del datetime="2006-09-05T10:31:20+00:00">J&#8217;utilise Windows</del> Je n&#8217;utilise plus Windows, mais linux (une <a href="http://ubuntu-fr.org/">ubuntu</a> dapper drake). Pour ce qui est du développement, je donne la préférence à <a href="http://php.net">PHP</a> sur ASP, à <a href="http://www-fr.mysql.com/">MySQL</a> sur Access (pffrt)(<a href="http://www.postgresql.org/">PostgreSQL</a> a l&#8217;air pas mal non plus), à <a href="http://www.apache.org/">Apache</a> sur IIS (re-pfffrt).</p>
<p>On m&#8217;a demandé : <q>Mais pourquoi détestes-tu autant Microsoft ?</q> Et la réponse est que, surtout, <em>je lui préfère</em> l&#8217;open-source, voire le libre, et ce pour des raisons à la fois idéologiques et pragmatiques :</p>
<p><span id="more-166"></span></p>
<h3>Le coût</h3>
<p>Les logiciels libres ou open-source ne sont pas toujours gratuits, mais c&#8217;est souvent le cas et pour ce qui est des premiers, en faire une copie de redistribution est autorisé par la licence; ce qui dans le cas des logiciels propriétaires s&#8217;appelle du piratage. Quoi qu&#8217;il en soit, <q>Un logiciel libre est gratuit une fois qu&#8217;il a été payé</q>, ce qui signifie qu&#8217;une fois le coût de développement pris en charge, que ce soit par le développeur independant qui oeuvre bénévolement, ou par une entité salariant les développeurs, il n&#8217;y a pas de licence à payer pour l&#8217;utiliser ni pour le redistribuer. Souvent, un logiciel libre est developpé non pas pour sa distribution mais pour son usage, parce qu&#8217;il répond à un besoin particulier. Il est ensuite distribué en tant que logiciel/libre :</p>
<ul>
<li>Parce que son producteur n&#8217;est pas un éditeur de logiciel</li>
<li>Parce que ça ne coûtera pas plus cher</li>
<li>Parce que cela permet de le faire améliorer par quelqu&#8217;un d&#8217;autre</li>
<li>Parce que ça peut rendre service</li>
</ul>
<p>Il y a une vraie logique de mutualisation des coûts derrière la production/l&#8217;utilisation de logiciels libres. C&#8217;est particulièrement adapté, par exemple, pour le secteur public.</p>
<p>Oh, et la gratuité réelle, en soi, est aussi un motif idéologique et subversif de choix d&#8217;un produit :</p>
<blockquote>
<p>Pourquoi la gratuité?</p>
<p>Parce qu&#8217;elle existe. Parce qu&#8217;elle est l&#8217;inverse du marché qui se présente aujourd&#8217;hui, de façon si pesante, comme l&#8217;horizon du projet humain. Parce qu&#8217;elle provoque, là où elle se déploie, une sympathie presque générale. Parce que la permanence d&#8217;espaces de gratuité enfonce un coin dans la toute-puissance de l&#8217;argent.</p>
<p>&#8211; Jean-Louis Sagot-Duvauroux, <a href="http://www.peripheries.net/g-sagot4.htm">Pour la gratuité</a></p>
</blockquote>
<h3>La liberté</h3>
<div id="attachment_115" class="wp-caption alignleft" style="width: 266px"><img src="http://fredbird.org/wp-content/uploads/2009/03/msofficedino.png" alt="un dinosaure, slogan : microsoft office a évolué, et vous ?" title="msofficedino" width="256" height="86" class="size-full wp-image-115" /><p class="wp-caption-text">un dinosaure, slogan : microsoft office a évolué, et vous ?</p></div>
<p>Vous lisez bien : Microsoft traite ses utilisateurs de dinosaures, parce qu&#8217;ils n&#8217;utilisent pas la dernière version de leurs logiciels. Il semblerait que de version en version, ils soient moins enthousiastes à payer de nouvelles licences pour, fondamentalement, les même programmes. Il est possible que le principal dispositif de contrôle et de <em>fidélisation</em> utilisé par cette compagnie (et toute autre dont les logiciels utilisent des formats propriétaires) commence à produire au contraire un effet de rejet. Je parle ici de la séquestration des données des utilisateurs dans des formats fermés, propriétaires et, un comble, incompatibles entre eux. Quiconque a déjà travaillé et échangé des documents aux formats MS office connait les problèmes dû à l&#8217;usage des versions différentes de ces logiciels. Par défaut, les logiciels de la suite MS Office enregistrent dans un format illisible par les autres programmes, et illisible par les versions précédentes du logiciel !</p>
<p>A contrario, l&#8217;utilisation de standards et de <a href="http://formats-ouverts.org/blog/" hreflang="fr">formats ouverts</a>, qui est la règle au sein des logiciels libre (que le format soit lui même <em>open source</em> est aussi, sinon plus important que le logiciel lui même le soit), garantit la liberté de l&#8217;utilisateur qui peut dès lors choisir un logiciel sur&#8230; la qualité de son interface et ses fonctionnalités, plutot que par obligation. Et la liberté de modification du logiciel non seulement permet à celui qui le peut de l&#8217;adapter pour ses propres besoins, mais donne également une bonne assurance quant à sa pérennité&#8230; il suffit de quelques développeurs pour faire renaitre un bon projet de ses cendres !</p>
<h3>Le projet communautaire</h3>
<blockquote><p>Le premier qui, ayant enclos un terrain, s&#8217;avisa de dire: Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d&#8217;horreurs n&#8217;eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables: Gardez-vous d&#8217;écouter cet imposteur; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n&#8217;est à personne.</p>
<p>&#8211; Jean-Jaques Rousseau, <a href="http://un2sg4.unige.ch/athena/rousseau/jjr_ineg.html">Discours sur l&#8217;origine et les fondements de l&#8217;inégalité parmi les hommes</a></p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Qu&#8217;est-ce que la propriété ? [...] C&#8217;est le vol.</p>
<p>&#8211; Pierre-Joseph Proudhon, <a href="http://kropot.free.fr/Proudhon-propriete.00.htm">Qu&#8217;est-ce que la propriété ?</a></p>
</blockquote>
<p>Ce qui fait s&#8217;élever Rousseau et Proudhon contre le principe de propriété, c&#8217;est qu&#8217;il exclut tous les <em>non-propriétaires</em> d&#8217;un bien de son usufruit, à leurs yeux sans justification. Le principe (tout aussi usurpé) de propriété intellectuelle étend cette exclusion aux contenus numériques et aux logiciels <em>alors même qu&#8217;il est techniquement possible de les dupliquer à l&#8217;infini pour que tous en profitent</em>. Et tout comme pour les biens matériels, ce n&#8217;est pas l&#8217;auteur du logiciel qui en est propriétaire mais le capital qui l&#8217;a employé, la vente de licences devenant ainsi une rente extrêmement profitable. J&#8217;irai jusqu&#8217;à dire que le capital revend ainsi au prolétariat un peu de son propre jus de cerveau&#8230;</p>
<div id="attachment_172" class="wp-caption alignleft" style="width: 172px"><img src="http://fredbird.org/wp-content/uploads/2005/06/cc-logo-162x40.png" alt="Logo Creative Commons" title="cc-logo-162x40" width="162" height="40" class="size-full wp-image-172" /><p class="wp-caption-text">Logo Creative Commons</p></div>
<p>Les licences des logiciels libres, instituent une forme particulière de propriété intellectuelle qui reconnait le droit d&#8217;auteur sans exclure quiconque de la jouissance de son art. Ainsi, au-delà du domaine des logiciels, existent des licences dites <em>copyleft</em> (par opposition au <em>copyright</em>), telles que <a href="http://creativecommons.org/license/?lang=fr" hreflang="fr">la gamme de licences</a> <a href="http://fr.creativecommons.org/" hreflang="fr">Creative Commons</a> ou la licence <a href="http://artlibre.org/" hreflang="fr">art libre</a>. Les <em>partisans</em> des logiciels libres sont souvent traités de communistes, certains s&#8217;en offusquent, d&#8217;autres pas ;o) Les supporters de Creative Commons lui préféreront le terme de <em>commonists</em>,  moins connoté politiquement tout en conservant l&#8217;idée de <strong>bien commun</strong> et de propriété collective.</p>
<p>Au-delà de la remise en cause, évidente, de certains fondements idéologiques du capitalisme tels que la propriété intellectuelle, l&#8217;établissement de monopoles et le racket sur la creation; ce qui séduit les développeurs est souvent un attachement mi-pragmatique mi-idéaliste à la recherche de l&#8217;efficience en programmation, <em>d&#8217;un point de vue global</em>.</p>
<p>De même que le scientifique, le programmeur réclame un libre accès à l&#8217;information dans le cadre de son travail : des standards et protocoles ouverts, clairement documentés sont un prérequis pour faire interagir correctement les logiciels et les ordinateurs. Le <em>hacker</em> est ainsi celui qui va rendre publique l&#8217;information qui ne l&#8217;est pas, décortiquant les arcanes de l&#8217;informatique propriétaire pour le bénéfice de la communauté. Par exemple, c&#8217;est l&#8217;analyse des formats <del>secrets</del> non documentés de MS office qui permet la manipulation de ces documents par Open Office.</p>
<blockquote>
<p>Si j&#8217;ai vu loin, c&#8217;est que je me tenais sur les épaules de géants.</p>
<p>&#8211; Isaac Newton</p>
</blockquote>
<p>De même, la plupart des logiciels se composent d&#8217;assemblages de routines, de taches et de fonctionnalités communes qu&#8217;il est rageant, à la longue, d&#8217;avoir à réécrire encore et encore; ou de tout simplement savoir que des milliers de programmeurs ont déjà résolu ces mêmes taches; qu&#8217;en somme, d&#8217;un point de vue global, une quantité faramineuse de travail est gaspillée à réinventer la roue. Ce que permet le logiciel libre est tout simplement de ne pas reprendre le travail à zéro mais de tous profiter du fonds commun de briques et d&#8217;outils et d&#8217;aller directement à l&#8217;essentiel, à la <em>valeur ajoutée</em>. Par exemple, de rajouter directement les fonctionnalités requises à un logiciel plutot que de commencer par réécrire toutes les fonctionnalités de base.</p>
<p>Bien sûr, percevoir et bénéficier des avantages de la coopération sur la compétition nécessite un <em>sens de la communauté</em>, une vision qui aille au-delà de l&#8217;individu/entité individuelle&#8230; et du profit qu&#8217;engendre l&#8217;appropriation, le contrôle et la location de&#8230; l&#8217;esprit humain (qu&#8217;il s&#8217;agisse simplement de code source tenu secret ou pire, de brevet logiciel &#8211; d&#8217;interdiction d&#8217;utiliser un <strong>concept</strong>). Pour finir, je terminerai sur une de mes désormais récurrentes citations de Korzybski :</p>
<blockquote lang="en">
<p>It may seem strange but it is true that the time-binding exponential powers, called humans, do not die-their bodies die but their achievements live forever-a permanent source of power. All of our precious possessions-science, acquired by experience, accumulated wealth in all fields of life-are kinetic and potential use-values created and left by by-gone generations; they are humanity&#8217;s treasures produced mainly in the past, and conserved for our use, by that peculiar function or power of man for the binding of time. That the natural trend of life and the progress of the development of this treasury is so often checked, turned from its natural course, or set back, is due to ignorance of human nature, to metaphysical speculation and sophistry. Those who, with or without intention, keep the rate of humanity&#8217;s mental advancement down to that of an arithmetic progression are the real enemies of society; for they keep the life-regulating &laquo;&nbsp;sciences&nbsp;&raquo; and institutions far behind the gallop of life itself. The consequence is periodic social violence-wars and revolutions.</p>
<p>Alfred Korzybski, <a href="http://www.esgs.org/uk/art/manhood.htm" hreflang="en">Manhood of Humanity</a></p>
</blockquote>
<h3>Quelques liens</h3>
<ul>
<li><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_libre" hreflang="fr">L&#8217;article <q>logiciel libre</q> sur Wikipedia</a></li>
<li><a href="http://www.framasoft.net/" hreflang="fr">Framasoft, un <del>excellent</del> indispensable annuaire de logiciels libres</a></li>
<li><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Brevet_logiciel" hreflang="fr">L&#8217;article <q>brevet logiciel</q> sur Wikipedia</a></li>
<li><a href="http://brevets-logiciels.info/" hreflang="fr">Un site d&#8217;informations sur les brevets logiciels en europe</a></li>
<li>Des bulles : <a href="http://bulles.agora.eu.org/20051123_logiciel_libre.html" hreflang="fr">Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un logiciel libre</a></li>
<li>Ploum : <a href="http://ploum.frimouvy.org/?2005/07/14/62-de-la-liberte-la-face-meconnue-de-l-informatique" hreflang="fr">De la liberté, la face méconnue de l&#8217;informatique</a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>La fin du capitalisme ? 2/5</title>
		<link>http://fredbird.org/2005/03/la-fin-du-capitalisme-25/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Mar 2005 16:25:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici la deuxième livraison des commentaires à la série d&#8217;Anne Archet, le capitalisme vit ses derniers instants. Pas besoin de déménager la misère en antarctique Je ne vous apprends rien lorsque je dis que c&#8217;est le rapport de forces établi &#8230; <a href="http://fredbird.org/2005/03/la-fin-du-capitalisme-25/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici la deuxième livraison des commentaires à la série d&#8217;<a href="http://archet.net/journal" hreflang="fr">Anne Archet</a>, <q>le capitalisme vit ses derniers instants</q>.</p>
<p><span id="more-139"></span></p>
<h3>Pas besoin de déménager la misère en antarctique</h3>
<blockquote><p>Je ne vous apprends rien lorsque je dis que c&#8217;est le rapport de forces établi entre les employeurs et les travailleurs qui fixe un niveau moyen de salaire à une époque déterminée et en un endroit donné. Ceux qui ont déjà trimé dans une boîte non-syndiquée savent de quoi je parle ! Dans les premiers temps du capitalisme, ce rapport de force est nettement en faveur de l&#8217;employeur, ce qui fait que les salaires sont très bas. Mais après un certain temps, les travailleurs se syndiquent, ou s&#8217;organisent politiquement, et réclament un hausse du salaire réel (c&#8217;est-à-dire, une hausse supérieure au coût de la vie).</p>
<p>Anne Archet, <a href="http://archet.net/journal/index.php?p=246" hreflang="fr">On ne peut pas déménager l&#8217;usine en antarctique</a></p></blockquote>
<p>C&#8217;est effectivement l&#8217;évolution de ce rapport de forces qui a permis l&#8217;enrichissement relatif du prolétariat (je compte dans le prolétariat toute personne dont les revenus sont issus de la location de sa force de travail, c&#8217;est à dire également la classe moyenne et même les cadres qui se vendent à prix d&#8217;or, mais qui se vendent quand même) en Occident, ce contre quoi pestent nos bons maîtres et leurs propagandistes. Le <q>coût du travail</q> y serait devenu trop élévé, les <em>forçant</em> à délocaliser les sites de production vers des bassins de main d&#8217;oeuvre plus bon marché. En un mot, exploiter un prolétariat plus docile.</p>
<blockquote><p>Le capitaliste remballe tout et s&#8217;installe dans un endroit où le niveau historique des salaires est moins élevé, habituellement une région peuplée par des ruraux fraîchement arrivés à la ville, ou une région moins commercialisée. Bref, une région où les individus qui se présentent sur le marché du travail sont prêts à travailler pour un salaire inférieur à celui versé aux travailleurs en zone <em>développée</em></p></blockquote>
<p>Ce mouvement ne date pas d&#8217;hier, et comme décrit ici, les nouveaux exploités finissent par faire le gros dos et obtenir également un hausse de leurs salaires au bout de quelques décennies. La thèse d&#8217;Anne est que ce mouvement ne saurait être perpétuel, puisque la population exploitable sur cette planète n&#8217;est pas infinie, et que les mouvements d&#8217;urbanisation seront bientot achevés dans tous les pays.</p>
<p>Est-ce à dire que bientôt, comme le suggère Anne, tous les prolétaires disponibles seront en position de ne pas travailler à moins d&#8217;un salaire décent ? Ce qui menacerait alors la rentabilité de leur exploitation ? Je crains que ce soit se bercer d&#8217;illusions, et pour plusieurs raisons :</p>
<ul>
<li>Les bassins de main d&#8217;oeuvre encore inexploités sont gigantesques : la Chine à elle seule dispose encore de centaines de millions de ruraux à déraciner. L&#8217;Afrique comme l&#8217;Amérique du Sud ne sont pas encore industrialisées (bien que l&#8217;Afrique ait déjà subi la forme la plus perverse de la délocalisation : la déportation et l&#8217;esclavage en Amérique du Nord; et que sont état sanitaire laisse peu d&#8217;espoir quand à la survie d&#8217;une population nombreuse sur ce continent dans le prochain siècle). De plus, la Chine prétenduement communiste est le paradis productiviste du capital : une dictature prête à tout pour renforcer son industrie, et surtout à mater toute révolte prolétaire par la force.</li>
<li>La hausse importante et continue de la productivité des salariés depuis les années 1960-70 (conséquence directe et motif de la mécanisation et de l&#8217;informatisation du travail) a permis l&#8217;explosion des profits (au seul bénéfice des marchés financiers), et pourrait permettre, quoi qu&#8217;en disent les patrons libéraux cherchant à nous faire pleurer sur leur sort, l&#8217;augmentation de la masse salariale, même en Occident. D&#8217;ailleurs, cette même masse salariale (la part du PNB affecté aux salaires) est en baisse constante sur cette même période : les salaires augmentent <strong>moins vite</strong> que l&#8217;inflation (et donc le pouvoir d&#8217;achat diminue), mais surtout les gains de productivité réduisent le nombre de travailleurs nécessaires et gonflent le chomage&#8230;</li>
<li>
<p>&#8230;et c&#8217;est mon point suivant : des bassins de main d&#8217;oeuvre se reforment en Occident même, on retourne à une situation déjà décrite par Marx au 19ème siècle :</p>
<blockquote><p>Si l&#8217;accumulation, le progrès de la richesse sur la base capitaliste, produit donc nécessairement une surpopulation ouvrière, celle-ci devient à son tour le levier le plus puissant de l&#8217;accumulation, une condition d&#8217;existence de la production capitaliste dans son Etat intégral. Elle forme une armée de réserve industrielle qui appartient au capital d&#8217;une manière aussi absolue que s&#8217;il l&#8217;avait élevée et disciplinée à ses propres frais. Elle fournit à ses besoins de valorisation flottants, et, indépendamment de l&#8217;accroissement naturel de la population, la matière humaine toujours exploitable et toujours disponible.</p>
<p>Karl Marx, Oeuvres I, Bibliothèque de La Pléiade, page 1148</p></blockquote>
<p>Car le plein emploi des <em>trente glorieuses</em>, qui virent l&#8217;enrichissement relatif du prolétariat décrit plus haut, n&#8217;est pas la règle mais bien l&#8217;exception. Le rapport de force entre prolétariat et capital concernant le niveau des salaires n&#8217;est pas dû qu&#8217;à leurs capacité relative d&#8217;organisation (internationale du capital contre syndicats et internationale des travailleurs), c&#8217;est même probablement un facteur mineur dans ce processus. Car le marché du travail est un marché comme les autres, et <strong>c&#8217;est avant tout la loi de l&#8217;offre et de la demande qui fixe les prix</strong>. En conservant et entretenant cette <em>armée de réserve industrielle</em>, appauvrie au point d&#8217;envier les travailleurs en exercice et prête à les remplacer à tout moment, le capital possède un levier puissant (qui a dit un fouet ?) pour le contrôle des salaires et des revendications des travailleurs. Qui n&#8217;a pas peur du chomage de nos jours ? Est-ce un hasard si les parades à cette menace que sont les couvertures sociales de l&#8217;assurance chomage, maladie etc. sont mises en danger et s&#8217;effritent peu à peu ? Plus le chomage augmente, plus l&#8217;assurance chomage coute cher à entretenir (puisque les cotisations patronales diminuent en même temps que la masse salariale !), et plus les indemnités diminuent, et plus la peur du chomage s&#8217;insinue et met à genoux les travailleurs, déséquilibrant encore un peu plus le rapport de forces. C&#8217;est un cercle infernal.</p>
</li>
</ul>
<p>Au final, on pourrait assimiler les phénomènes de délocalisation à la vieille technique agricole de la jachère : tout comme sur trois champs on en cultive deux en alternance pour laisser le troisème se fertiliser, peut-être que la délocalisation des zones de production vers des bassins d&#8217;emplois plus dociles sert d&#8217;abord à <em>refertiliser</em> les zones délaissées, en réapprenant la misère aux travailleurs ayant conquis une amélioration de leurs conditions de vie. Exit le mythe du progrès continu, bonjour le mouvement perpétuel de l&#8217;exploitation.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La fin du capitalisme ? 1/5</title>
		<link>http://fredbird.org/2005/02/la-fin-du-capitalisme-15/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Feb 2005 16:22:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Lisant les excellents Cahiers d&#8217;Anne Archet, je suis tombé sur une suite de cinq articles prohétisant la mort prochaine du capitalisme, avec analyse à l&#8217;appui. C&#8217;est pas tous les jours qu&#8217;on apprend d&#8217;aussi bonnes nouvelles ! Hélas, après lecture, je &#8230; <a href="http://fredbird.org/2005/02/la-fin-du-capitalisme-15/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lisant les excellents <a href="http://archet.net" hreflang="fr">Cahiers d&#8217;Anne Archet</a>, je suis tombé sur une suite de cinq articles prohétisant la mort prochaine du capitalisme, avec analyse à l&#8217;appui. C&#8217;est pas tous les jours qu&#8217;on apprend d&#8217;aussi bonnes nouvelles ! Hélas, après lecture, je dois modérer mon enthousiasme et m&#8217;avouer que je ne peux pas y croire.</p>
<p>En suivant le découpage d&#8217;Anne, je vais essayer d&#8217;argumenter mon raisonnement ici.</p>
<p><span id="more-135"></span></p>
<h3>Le profit nous noie dans une mer de purin (1/5)</h3>
<blockquote><p>Le premier indice de la fin prochaine du capitalisme me semble être l&#8217;augmentation bientôt incontrôlée du coût des matières premières essentielles à la production des biens de consommation, qui va éventuellement rendre le profit presque impossible.</p>
<p>Anne Archet : <a href="http://archet.net/journal/index.php?p=245" hreflang="fr">le profit se noie dans une mer de purin</a></p>
</blockquote>
<p>Où l&#8217;on apprend que pour faire du profit, il faut vendre à des gogos ce qu&#8217;ils possèdent déjà : en pillant les ressources naturelles, en se déchargeant d&#8217;une partie des coûts de production sur la collectivité. Quand les industriels vous vendent un yahourt, ce n&#8217;est pas eux qui payent pour la production des arbres et du pétrole nécessaires à l&#8217;emballage, ni pour le traitement des déchets : c&#8217;est vous, ou la planète. Mais vous payez quand même plein pot (de yahourt).</p>
<p>Or les matières premières qu&#8217;offre la planète commencent à s&#8217;épuiser, et les coûts liés au traitement des déchets vont continuer à augmenter : qui va payer ? Là où Anne pense que la facture va revenir tel un boomerang à la figure du capital, je crains que l&#8217;arnaque dure encore un bon moment. Déjà se profile depuis quelques années la vision de l&#8217;écologie comme d&#8217;une préocupation de riches, de <em>bobos</em>: seuls ceux qui pourront se payer, ou faire payer à l&#8217;état un environnement préservé y auront droit. D&#8217;ailleurs, avec la séparation des aires de production (le tiers-monde) et de consommation (l&#8217;occident), ce ne sont plus les pays riches qui vont subir la dégradation de l&#8217;environnement. Sauf pour ce qui est des phénomènes planétaires, bien sûr. Est-ce un hasard si la mise en oeuvre du <a href="http://unfccc.int/resource/docs/convkp/kpfrench.pdf" hreflang="fr" type="pdf">protocole de Kyoto</a> intervient à un moment où les occidentaux se soucient de <strong>leur</strong> environnement alors qu&#8217;ils délocalisent leur production et <strong>leur</strong> pollution à des milliers de kilomètres ? Qui externalise encore une fois ses frais sur le dos de ses ouvriers (les pays producteurs du tiers-monde) en soignant ses clients (les consommateurs des pays riches, soucieux d&#8217;écologie) ? </p>
<p>Pour ce qui est des matières premières, soyez sûrs que des substituts apparaitront lorsque le besoin s&#8217;en fera sentir. La fin du pétrole approche ? Bonjour les <a href="http://www.biocarburant.com/" hreflang="fr" rel="nofollow">biocarburants</a>, les <a href="http://www.leblogmoto.com/2005/08/embrio_moto_col.html" hreflang="fr" rel="nofollow">motos à hydrogène</a>, les <a href="http://www.natpro.be/analyse6.htm" hreflang="fr">bioplastiques</a>&#8230; Si le capitalisme doit crever, il emportera la planète avec lui. Et les détenteurs du capital ne seront pas en première ligne&#8230;</p>
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		<title>Est-ce que j&#8217;existe ?</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Jan 2004 14:53:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[sophisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Si l&#8217;on voulait réduire toutes les paroles humaines échangées en une seule, il est possible que l&#8217;on en vienne à celle ci. On peine à croire qu&#8217;elle puisse prendre place dans un dialogue, pourtant. C&#8217;est une question saugrenue, car si &#8230; <a href="http://fredbird.org/2004/01/est-ce-que-jexiste/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&#8217;on voulait réduire toutes les paroles humaines échangées en une seule, il est possible que l&#8217;on en vienne à celle ci. On peine à croire qu&#8217;elle puisse prendre place dans un dialogue, pourtant.</p>
<p>C&#8217;est une question saugrenue, car si je n&#8217;existe pas, comment pourrais-je la poser ? Eh bien, il n&#8217;est pas prouvé que l&#8217;existence soit une condition nécessaire à l&#8217;expression, dans un univers infini rien n&#8217;est impossible. Et dans un univers infini tout est angoisse pour qui ne l&#8217;est pas, infini. Cette finitude en est par contraste d&#8217;autant plus cruelle, et c&#8217;est elle que nous interrogeons : <em>&laquo;&nbsp;Suis-je fini ? Et là, suis-je fini ? Et maintenant, suis-je fini ?&nbsp;&raquo;</em>. Il nous faut répéter la question sans fin, ou plutot jusqu&#8217;à la fin, puisque cette fin nous n&#8217;en ignorons pas l&#8217;existence, helas. Nous parcourons l&#8217;espace et le temps à la recherche de notre propre cloture, tout en souhaitant l&#8217;eviter. Et c&#8217;est justement cette volonté d&#8217;être, et d&#8217;être infini, qui nous pousse à interroger : <em>&laquo;&nbsp;Suis &#8211; je ? Suis &#8211; je encore ? Et là, est ce que j&#8217;existe aussi ?&nbsp;&raquo;</em>. La capacité d&#8217;être doit être prouvée sans cesse par l&#8217;existence elle même; et c&#8217;est à chaque fois faire le test perilleux : <em>&laquo;&nbsp;Est-ce que j&#8217;arrive à <strong>être</strong>, en dansant le tango sur une corde raide tendue au dessus du périphérique ?&nbsp;&raquo;</em>. Prouver notre capacité à être, c&#8217;est sans cesse risquer de n&#8217;être pas &#8211; ou plus; et ne pas la prouver, c&#8217;est peut être n&#8217;être pas quand même, et sans le savoir. Angoisse.</p>
<p><span id="more-30"></span></p>
<p>Etre, dans la conception commune, c&#8217;est avoir aussi quelque étendue, un simple point dans l&#8217;espace temps, ce n&#8217;est presque rien; et face à l&#8217;infini, il faut se démener pour être plus. Il nous faut de la matière, il nous faut déployer notre énergie -quelquefois celle des autres- pour être, dans l&#8217;espace et le temps, le plus étendu possible; lutter pour être plus qu&#8217;une tête d&#8217;epingle. Devant l&#8217;ampleur de la tâche, il est naturel de se demander si l&#8217;on y arrive.</p>
<p>C&#8217;est une question égocentrique, aussi. Certes, et si toute parole doit être réduite à celle ci, on peut s&#8217;étonner de son caractère monologal, et surtout du manque total d&#8217;informations transmises. Si l&#8217;on devait ne pouvoir prononcer qu&#8217;une parole, beaucoup d&#8217;autres choix seraient plus judicieux, que l&#8217;on aille à l&#8217;utile (<em>&laquo;&nbsp;passes moi le sel&nbsp;&raquo;</em>, <em>&laquo;&nbsp;n&#8217;oublie pas tes clefs&nbsp;&raquo;</em>) ou pas (<em>&laquo;&nbsp;les sanglots longs des violons de l&#8217;automne bercent mon coeur d&#8217;une langueur monotone&nbsp;&raquo;</em>, <em>&laquo;&nbsp;je t&#8217;aime&nbsp;&raquo;</em>), sans même chercher à vouloir condenser tout l&#8217;information possible en une seule parole au sens universel (<em>&laquo;&nbsp;honk&nbsp;&raquo;</em>). Mais, compte tenu de la charge d&#8217;angoisse qui pose sur elle, et c&#8217;est littéralement une question de vie ou de mort, elle peut sans doute figurer au sein des paroles d&#8217;importance vitale.
</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Est-ce que j&#8217;existe ?&nbsp;&raquo;</em> peut passer pour une question rhétorique, de l&#8217;une de celles que l&#8217;on se pose à soi même, et en silence, si l&#8217;on ne veut pas effrayer les autres usagers du metropolitain. Parler seul, c&#8217;est ne plus avoir toute sa tête, et ne plus avoir toute sa tête, est-ce être encore ? Toute parole &#8211; même un monologue &#8211; s&#8217;adresse à autrui; il est peu probable que l&#8217;invention de la parole ait pour but premier d&#8217;effrayer les noctambules. C&#8217;est donc une véritable question à autrui, et si elle peut paraitre égocentrique -elle l&#8217;est- c&#8217;est sans regard pour son caractère vital; en danger de ne pas être, on se sent quand même un peu le droit d&#8217;être egocentrique, non ? Et puis être égocentrique, c&#8217;est déjà être un peu; peu importe le flacon, pourvu qu&#8217;on ait l&#8217;ivresse; peu importe l&#8217;essence, pourvu qu&#8217;on ait l&#8217;existence.</p>
<p>C&#8217;est une question dont il nous faut la réponse, à qui n&#8217;est pas Descartes et dont l&#8217;existence n&#8217;est pas garantie par un dieu, et dont la pensée n&#8217;a pas le génie de suffire à prouver notre existence; il nous arrive quelquefois de ne penser à rien, est-ce à dire qu&#8217;alors nous disparaissons ? Cruelle perspective que d&#8217;être ainsi assassinés par notre sommeil &#8211; ou notre téléviseur. Penser, c&#8217;est un peu mince pour qui doute qu&#8217;il existe &#8211; et une existence de doute n&#8217;est pas pour calmer son angoisse. Il nous faut être, sans interruption, et qu&#8217;en permanence la question &laquo;&nbsp;est-ce que j&#8217;existe ?&nbsp;&raquo; ait sa réponse, en préalable à un début d&#8217;existence au delà du doute.</p>
<p>Il va de soi que si être de pure pensée n&#8217;est pas très rassurant, être sans penser c&#8217;est un peu ne pas être à qui pense quelquefois. Les arbres et les pierres ont pour eux une existence sereine et d&#8217;une longévité enviable, mais qui s&#8217;accomode mal de notre appétit d&#8217;être. C&#8217;est pourquoi la question est nécessaire, et sa réponse également, sans quoi l&#8217;on pourrait se contenter de se pincer. S&#8217;assurer d&#8217;être et de penser à la fois nécessite, en quelque sorte, de faire pincer son esprit par autrui &#8211; qu&#8217;il nous réponde.</p>
<p>&#8230;</p>
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		<title>Epopee Lyrique</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Jan 2004 14:47:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce poème est au stade d&#8217;ébauche depuis plus d&#8217;une décennie. La dernière strophe doit avoir elle-même quelques années. Sang d&#8217;ombre s&#8217;écoule et fuit S&#8217;écoule du don sombre où les Temps s&#8217;ancrent et sont enfouis Sang s&#8217;étend en fuites perlées A &#8230; <a href="http://fredbird.org/2004/01/epopee-lyrique/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ce poème est au stade d&#8217;ébauche depuis plus d&#8217;une décennie. La dernière strophe doit avoir elle-même quelques années.</em></p>
<p class="strophe">Sang d&#8217;ombre s&#8217;écoule et fuit<br />
S&#8217;écoule du don sombre où les<br />
Temps s&#8217;ancrent et sont enfouis<br />
Sang s&#8217;étend en fuites perlées<br />
A chaudes gouttes et froides marées<br />
A longues trainées que nul n&#8217;essuie</p>
<p class="strophe">De ce don qui déchira la nuit<br />
Vers une ère en suspens<br />
Sur les troubles dont surgit<br />
Le sombre double qui vint suivant<br />
Son erre parallèle et s&#8217;accouplant<br />
Parfois à elle quand viennent les nuits</p>
<p class="strophe">Ces nuits qui rappellent l&#8217;oubli<br />
Qui taisent l&#8217;appel en l&#8217;étouffant<br />
En le couvrant de leur néant<br />
D&#8217;humeurs d&#8217;orage pressenti<br />
Et l&#8217;air sur les nerfs s&#8217;enroulant<br />
D&#8217;odeurs de terre et d&#8217;asphyxie</p>
<p class="strophe">Ces nuits où la lune s&#8217;eclipse<br />
Où elle fuit face aux loups<br />
Hurlants surgissant des abysses<br />
Hurlants surgissant des egouts<br />
Des hurlements à devenir fou<br />
A croire que ses tripes se devissent</p>
<p class="strophe">Ces nuits perdues à les chercher<br />
Et qu&#8217;ombre connait comme sa poche<br />
Deux gouttes et mille et une marées<br />
Sur une plage si triste et moche<br />
Et alors on s&#8217;accroche à la roche<br />
En regardant l&#8217;océan déborder</p>
<p class="strophe">Par lassitude on ne fait plus rien<br />
On laisse seulement le sang couler<br />
Puisque ce n&#8217;est plus son chemin<br />
Que sous ses pieds s&#8217;est le vent dérobé<br />
Bientot le froid l&#8217;aura gelé<br />
Et demain la ronde des lendemains</p>
<p><span id="more-24"></span></p>
<p class="strophe">Et on est las des murs sans couleur<br />
Des murs une prison sans barreaux<br />
Tristes comme une peine sans douleur<br />
Froids comme les serres d&#8217;un oiseau<br />
D&#8217;entre lesquels s&#8217;écoule le sable à grumeaux<br />
Sable à caillots d&#8217;un sang rêveur</p>
<p class="strophe">Et sur ce sable à marée noires<br />
Une pluie de galets originels<br />
Descendus d&#8217;autres couloirs<br />
D&#8217;autres visions semées d&#8217;oiselles<br />
D&#8217;autres soleils plus dementiels<br />
Sous de grands horizons soir</p>
<p class="strophe">Des soirs où le monde est soir<br />
Si soirs que les nuits en tombent<br />
Et en pâlissent à pleuvoir<br />
Et en frémissent des colombes<br />
Et qu&#8217;importe si le monde en succombe<br />
Et en maudisse l&#8217;espoir</p>
<p class="strophe">Des soirs comme s&#8217;il en naissait<br />
Aux quatre pâleurs des lunes rousses<br />
D&#8217;innocence qui marcheraient<br />
Sur l&#8217;immonde plus fières que douces<br />
Avec pourtant la vie aux trousses<br />
De grands soirs comme il n&#8217;en vient jamais</p>
<p class="strophe">Des soirs d&#8217;horizon renaissance<br />
Où les nuits puis les jours révolus<br />
Font le cimetière des silences<br />
Au bout des regards perdus<br />
Au bout des vents brûlants et nus<br />
Nids où éclosent les impatiences</p>
<p class="strophe">Ces nuits qui finissent enfin<br />
Sans même que le soir soit venu<br />
Ces jours qui l&#8217;achèvent et demain<br />
Tenir encore il n&#8217;y a plus<br />
De raison de s&#8217;enfuir éperdu<br />
Il n&#8217;y aura pas d&#8217;instants sereins</p>
<p class="strophe">Ces nuits où l&#8217;ombre se réveille<br />
D&#8217;entre les nuits derrière les lunes<br />
Et se glisse loin des sommeils<br />
pour plonger ses sinistres runes<br />
Ses longues mains de fièvre brune<br />
Et de ses doigts crever les soleils</p>
<p class="strophe">Ces nuits où nul souffle ne s&#8217;agite<br />
Quand s&#8217;en vont dormir les vents<br />
Sur des mers d&#8217;huile et vague ermites<br />
Mais d&#8217;où murmure le temps<br />
Toujours son sable s&#8217;égrenant<br />
Vagues en déferlent et palpitent</p>
<p class="strophe">Ce temps cette pluie tombée du ciel<br />
Ce ciel dissous sous les élans<br />
Qui s&#8217;y perdent et se détellent<br />
Laissant là leurs soupirants<br />
Qui d&#8217;un soupir s&#8217;immolant<br />
Délaissent illusions d&#8217;ailes</p>
<p class="strophe">Ce temps ces jours à grosses gouttes<br />
Tombent et s&#8217;écrasent et tachent<br />
Le sable en flaques et rongent la croûte<br />
Noient les fleuves qui leur poumons recrachent<br />
S&#8217;étouffent inondés puis se cachent<br />
Tapis paniqués loin des routes</p>
<p class="strophe">Ce temps de vieux clébard assoupi<br />
Attendant son heure depuis toujours<br />
Et même son heure il s&#8217;en fout depuis<br />
Il sait plus pourquoi alors il passe son tour<br />
Attendant de se souvenir attendant les bons jours<br />
Le temps d&#8217;un chien d&#8217;une chienne de sa vie</p>
<p class="strophe">Et le temps trébuche titubant<br />
Sur les os déterrés d&#8217;un vieux chien oublié<br />
D&#8217;un vieux chien mort depuis longtemps<br />
Des os, derniers restes érodés<br />
Des vestiges rejetés par les marées<br />
Le temps trébuche sur le vivant</p>
<p class="strophe">Une vie trébuche et se souvient<br />
Comme tout était simple avant<br />
Au temps des empires sereins<br />
Aux temps anciens des croyants<br />
Des chevaux sauvages et du vent<br />
Dans les drapeaux de leurs destins</p>
<p class="strophe">Une étoile au bout du chemin<br />
Pas après pas la même direction<br />
Une seule étoile un seul refrain<br />
Et chaque jour une nouvelle chanson<br />
Des certitudes à longs siphons<br />
Engloutissant les pas sans fin</p>
<p class="strophe">Errer comme un temple voyageur<br />
Colporter les vrais silences<br />
Dans des poches percées de longues heures<br />
Des heures emplies de croyances<br />
A défaut de mots sans pertinence<br />
Discours de muette ferveur</p>
<p class="strophe">De pierres en pierres le pavé nu<br />
La tour d&#8217;ivoire enfin s&#8217;étonne<br />
De ces echos si distendus<br />
Que laissent les fantômes atones<br />
De ces rêves qui ne résonnent<br />
Qu&#8217;avant chacun des pas perdus</p>
<p class="strophe">Pierre après pierre de cathédrale<br />
Toutes se fissurent aux échos vides<br />
Toutes comme du vulgaire cristal<br />
Toutes de douceur gravides<br />
Mais jamais dans le silence aride<br />
Refuge ne fut qu&#8217;ainsi spectral</p>
<p class="strophe">Goutte à goutte en perfusion<br />
L&#8217;espoir se fige en stalactites<br />
En poignards en dents de prison<br />
En non-futurs qui péricilitent<br />
En non-présents d&#8217;une vie réduite<br />
A quelques soupirs et pulsations</p>
<p class="strophe">Et puis tombent toutes les pierres<br />
Chateaux dévalent cavalent de front<br />
Un déluge de fleuves amers<br />
Emporte avec lui les derniers monts<br />
Et si longue qu&#8217;est l&#8217;érosion<br />
Les pierres font des plaines un désert</p>
<p class="strophe">Et dans un ciel dégringolant<br />
Comme des étoiles mouchées<br />
Dans deux ou trois éternuements<br />
Fi des lueurs mouillées<br />
Fi des regards empanachés<br />
Le jour a de nouvelles dents</p>
<p class="strophe">Comme il monte le soleil sauvage<br />
Comme il sèche la timide rosée<br />
Embrase les fétus de bon usage<br />
Brise en éclats ces nuits fanées<br />
Monte à l&#8217;assault des voiles déchirées<br />
Monte son invasion de chaleur et de rage</p>
<p class="strophe">Et avec lui le temps de la sécheresse<br />
Ravines stériles et craquelures<br />
Evaporées les belles promesses<br />
Dilapidées jusqu&#8217;aux raclures<br />
Fontaines ne sont plus que murmures<br />
Puis toussent et gargouillent et cessent</p>
<p class="strophe">Et alors ce geyser de douleur et de haine<br />
Dresse une chandelle tangue et vacille<br />
Le monde de sa zébrure malsaine<br />
Profonde entaille en travers et cille<br />
La déraison dépassée des deux cils<br />
Un tonnerre de sabots crachés sur les plaines</p>
<p class="strophe">A pétrifier les élans d&#8217;effroi<br />
A geler les pensées vagabondes<br />
Comme la bauté coule entre les doigts<br />
Autant pour tous lâcher la bonde<br />
Qu&#8217;un grand hiver s&#8217;abatte sur le monde<br />
Et que tout meure par un grand froid</p>
<p class="strophe">Gerçures ! Souffler les bougies<br />
Quand elles balancent encore<br />
Entre le doute et l&#8217;envie<br />
Arracher leur mèche d&#8217;or<br />
Lacérer griffes dehors<br />
D&#8217;un crachat leur face ébahie</p>
<p class="strophe">Gerçures ! Sur les collines<br />
Semées de jeunes pousses<br />
A l&#8217;ombre des ravines<br />
Tendues d&#8217;herbe douce<br />
Que sèche même la mousse<br />
Et retombent les épines</p>
<p class="strophe">Gerçures ! Claquer la porte<br />
Chasser le miel et les mouches<br />
Déballés les lézards sortent<br />
Un vrai mur de lézards une douche<br />
Qui trempe et fait cracher les souches<br />
Sous des gelées de bouche mortes</p>
<p class="strophe">Sur le bûcher flambant neuf<br />
Cuire le pain qui restait sur la planche<br />
Nid de scorpions restés dans l&#8217;oeuf<br />
Tout un bestiaire pour une page blanche<br />
Une envie pressante d&#8217;avalanche<br />
Sur les pentes d&#8217;un joyeux bluff</p>
<p class="strophe">Sur le bûcher d&#8217;une foi flétrie<br />
Viennent les ombres ravivées<br />
De leur langues inassouvies<br />
Piétinent l&#8217;éclat mort-né<br />
De rampes d&#8217;artifices trempées<br />
Et les ronces de rire épanouies</p>
<p class="strophe">Sur le bûcher les assaults redoublés<br />
Comme fouettées les bûches défilent<br />
Par frénésie d&#8217;un zélé timonier<br />
Aux feux son sourire se profile<br />
Que patience encore un peu s&#8217;effile<br />
Point n&#8217;est venue l&#8217;heure de baîller</p>
<p class="strophe">Torchères, enflammez vous<br />
Si vous le pouvez encore<br />
Et si votre sang bout<br />
Pour quelques matador<br />
Pour quelques reflets d&#8217;or<br />
Puissiez vous dormir debout</p>
<p class="strophe">Torchères au coeur déterminé<br />
Aux yeux fermements éperdus<br />
Pour un ticket enluminé<br />
De sinueux chats perdus<br />
De longs violons distordus<br />
Et de bondissantes essaimées</p>
<p class="strophe">Torchères de pacotille<br />
Poudre d&#8217;ailes de papillon<br />
Une aube vous éparpille<br />
Et disperse vos sillons<br />
En mer et vagues oscillations<br />
Moi je retire mes billes</p>
<p class="strophe">Les billes ne sont pas des perles<br />
Des yeux de verre balancés<br />
En travers de la dentelle<br />
Ce qui ne brille pas ne doit pas briller<br />
Sauf pour des yeux crevés<br />
Révérence tirant formelle</p>
<p class="strophe">Révérence assurément<br />
D&#8217;automate désaccordé<br />
Et quelque peu discordant<br />
C&#8217;est que les ficelles sont coupées<br />
Et le marionnettiste mangé<br />
Par son propre palpitant</p>
<p class="strophe">Par un orage de radiations<br />
S&#8217;attablant effrontément<br />
Que de cannibales attentions<br />
S&#8217;offre le mal aimant<br />
Ivre sire repoussant<br />
Projetant d&#8217;ailleurs re-pulsations</p>
<p class="strophe">Volte-face aux armées canines<br />
D&#8217;une botte soudaine qui ne soit pas feinte<br />
Mais le tranchant d&#8217;une seule pièce fine<br />
Ni pile ni face qui même repeintes<br />
Sont défraîchies par la longue plainte<br />
D&#8217;acharnement au fond de la mine</p>
<p class="strophe">Volte-face que les murailles<br />
Se lèvent et piétinent<br />
Et renversent la soldaille<br />
Dénotent à note leur hymne<br />
Par contre-salves assassines<br />
Et contre-sauvent leur entrailles</p>
<p class="strophe">Volte-face car enfin<br />
Puisqu&#8217;il faut qu&#8217;on s&#8217;encanaille<br />
Demain nous marcherons sur les mains<br />
Poussés par la vision de nos entrailles<br />
Laissées là comme de la paille<br />
Pourrissant sur pied, malsain</p>
<p class="strophe">Et puisque tourne le monde<br />
On ne va pas rester comme un con<br />
Bouche bée la face ronde<br />
Et au ciel levant le front<br />
En pissant saoûl nos illusions<br />
Il est un peu tard pour les sondes</p>
<p class="strophe">Et puisque la chair est faible hélas<br />
Et l&#8217;esprit pure invention<br />
Les livres restant de la paperasse<br />
Il en pousse du poil au menton<br />
C&#8217;est pas demain la révolution<br />
A quoi bon jeter des caillasses</p>
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		<title>Reflexion du métro</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jan 2004 14:18:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred Bird</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[sophisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a trois jours, rentrant en métro de ma journée de travail, j&#8217;ai subitement eu une réflexion sur la distinction entre la bêtise et la connerie. Ce fut sans raison apparente, ou du moins je ne m&#8217;en souviens pas. &#8230; <a href="http://fredbird.org/2004/01/reflexion-du-metro/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a trois jours, rentrant en métro de ma journée de travail, j&#8217;ai subitement eu une réflexion sur la distinction entre la bêtise et la connerie. Ce fut sans raison apparente, ou du moins je ne m&#8217;en souviens pas.</p>
<p>Bêtise et connerie sont deux choses bien différenciées dans la plupart des esprits, bien que la frontière entre les deux soit souvent difficile à déterminer précisément. La bêtise se rapprochant généralement de la stupidité, d&#8217;une incapacité chronique à comprendre toute subtilité faute d&#8217;intelligence. La connerie elle, se comprend généralement comme plus intentionnelle, et en devient plus péjorative : la personne ne comprend pas alors qu&#8217;elle en aurait pourtant les moyens intellectuels, ou pire encore elle se refuse à comprendre, probablement dans un accès de pur méchanceté. Pourtant, il nous arrive parfois d&#8217;être étonné par la justesse d&#8217;un propos émanant d&#8217;un supposé idiot, surgissant innocemment d&#8217;un discours ambiant biaisé ou faux, et apportant une lueur de vérité, comme si contre toute attente son auteur possédait une profonde compréhension des choses malgré tout. Paradoxe ? Effet de double inversion ?</p>
<p><span id="more-5"></span></p>
<p>Peut être est-ce plutôt que ce que nous appelons connerie se résume à l&#8217;intégration dans les schémas de pensée de l&#8217;individu d&#8217;une multitude de présupposés faux, séparément ou inclus dans un système plus global et qui enferme sa pensée dans des labyrinthes dont il ne peut finalement plus sortir. Ces présupposés et schémas s&#8217;y sont pernicieusement déposés plus ou moins à son insu, ayant été décodés et traduit depuis le texte implicite du comportement d&#8217;autrui. A ce jeu là, nous sommes tous le con d&#8217;un autre, pour peu que les deux protagonistes aient des schémas de pensée opposés. La reproduction d&#8217;une mentalité, tout comme des us et coutumes implicites, implique la mise en oeuvre active de l&#8217;intelligence de l&#8217;individu, chargée de combler les non-dits. C&#8217;est là que le stupide se distingue : moqué pour ne pas se comporter selon la norme faute d&#8217;integrer les règles implicites du jeu social, il échappe de même au carcan mental qu&#8217;enfilent selon l&#8217;usage les membres de son microcosme.</p>
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