Les enfants d’Icare (Arthur C. Clarke)

Si l’âge d’or de la SF fut celui de la production en masse de séries B voire Z et de l’invasion en masse de petits hommes verts par des auteurs payés à la page, ce fut aussi celui des vénérables, et pas sans raison, tels que Clarke.

Clarke - Les enfants d'Icare La Guerre froide. Russes et américains se livrent une âpre compétition : quelle sera la première nation à conquérir l’espace ? Aucune car, à la veille du décollage des premières fusées, l’impensable survient. De gigantesques vaisseaux envahissent la Terre.
Et l’humanité trouve ainsi réponse à l’une de ses plus cruciales questions : elle n’est pas seule dans l’univers.
Une fois débarqués, les suzerains ne tardent pas à imposer leur volonté de procéder à un désarmement général, de guérir la maladie, d’endiguer la faim et la misère. C’est un nouvel âge d’or qui commence.
Mais… Un doute terrible subsiste. Peut-on réellement faire confiance à une race qui refuse de se montrer ? Les suzerains n’auraient-ils pas un but caché ?

J’ai été assez soufflé par la maîtrise du suspens. Clarke parvient à le faire tenir jusqu’à la fin du livre, et ce avec une économie d’action assez rare. Pour beaucoup, suspens rime avec rebondissements incessants et hang over de fin de chapitres / de pré-coupure publicité. Pas ici. Vous ne trouverez dans ce livre aucune violence, aucun laser, aucun rayon de la mort, aucun super-héros sauvant l’humanité. Autant dire que l’adaptation cinématographique n’est pas pour tout de suite.

Du coup, voilà un indémodable qui prend pour moi place parmi les classiques du genre, au coté de pas mal d’autres ouvrages de l’auteur tels que 2001 dont il rejoint en partie la thématique.

La guerre éternelle

la guerre eternelle

La guerre de cent ans, c’etait pour les fillettes. Dans l’espace, même à la vitesse de la lumière, ça prend du temps d’aller casser la gueule à son voisin. Mais on le fait quand même, ça défoule.

Et en plus, ce qui est marrant avec la relativité, c’est que ceux qui sont dans les vaisseaux ne prennent pas une ride pendant le voyage. Le narrateur est ici un jeune conscrit qui se tape mille ans de guerre. Au hasard des missions lointaines, absurdes et inhumaines, il monte en grade mais est de plus en plus paumé et déraciné dans un futur qui n’a plus grand chose à voir avec ce qui était son présent, et une guerre qui est son seul horizon.

Un bouquin plutot hard science mais pas trop chiant, critique sans être lourd, conceptuel mais modeste : assez agréable à lire, en fait. Pour info, il y a une série BD qui en est tirée, mais je ne l’ai pas lue.

Fruit de l’expérience de Joe Haldeman, combattant au Viêt-nam, La Guerre éternelle – le roman The Forever War, 1974 – obtint le Prix Hugo et le Prix Nebula, les deux plus hautes distinctions de la science-fiction anglo-saxonne.