Inrocks

La lène en parle, et plutôt que de tartiner un commentaire long comme le bras, hop, un billet. La couverture des Inrocks, donc. Je n’achète jamais les Inrocks, sauf quelquefois leur numéros spéciaux incluant un CD, ça permet parfois de sortir de ses propres sentiers battus. J’avais découvert Superflu comme ça il y a quelques années (Superflu, c’est bien, surtout Tchin Tchin).
Cette couverture m’a vachement donné envie d’acheter le numéro, rien que pour le coté jouissif d’ouvrir en grand dans le métro mon magazine avec une femme à poil, tout en restant à la fois politiquement socialement correct (ce n’est ni un porno ni un féminin) et un poil subversif. Parce que franchement, les bourrelets c’est peut-être ce qui est le plus censuré de nos jours. On peut montrer du sexe, de la violence, du fric, de la merde etc mais surtout jamais de graisse, ou alors d’un point de vue médical, histoire de bien complexer les rond(e)s et de leur ancrer dans le crâne leur déviance. Ce qui est peut-être le plus sûr moyen de les envoyer illico vider leur frigo. Les gros, c’est comme les Noirs, on a tous un copain ou une copine qui l’est pour bien montrer qu’on est pas raciste mais on remercie le hasard de ne pas en être. Parce que ce n’est pas drôle tous les jours.
Bon sinon j’ai à peine survolé le magazine, mais les Inrocks ça a l’air toujours aussi chiant et enculeur de mouches. Le CD n’est pas terrible, et le titre du groupe de la demoiselle franchement bof, mais si vous le voulez dépêchez vous, apparemment le numéro suivant est déjà en vente. Sinon pour découvrir de la bonne musique, il y a Jamendo.
Haïkus informatiques
Le haïku [...] est une forme poétique très codifiée d’origine japonaise, à forte composante symbolique [...] Il s’agit d’un poème extrêmement bref visant à dire l’évanescence des choses. […
Les haïkus ne sont connus en Occident que depuis à peine plus d’un siècle. Les écrivains occidentaux ont alors tenté de s’inspirer de cette forme de poésie brève. La plupart du temps, ils ont choisi de transposer le haïku japonais, qui s’écrivait sur une seule colonne sous la forme d’un tercet de 5, 7 et 5 pieds pour les haïkus occidentaux. […
article Haïku — Wikipedia
Voici quelques messages d’erreurs informatiques sous forme de Haïkus :
Yesterday it work’d.
Today it is not working.
Windows is like that.
A crash reduces
Your expensive computer
To a simple stone.
Three things are certain:
Death, taxes and lost data.
Guess which has occurred.
Windows NT crashed.
I am the Blue Screen of Death.
No one hears your screams.
The code was willing,
It considered your request,
But the chips were weak.
Printer not ready.
Could be a fatal error.
Have a pen handy?
A file that big?
It might be very useful.
But now it is gone.
Errors have occurred.
We won’t tell you where or why.
Lazy programmers.
Login incorrect.
Only perfect spellers may
enter this system.
This site has been moved.
We’d tell you where, but then we’d
have to delete you.
Et leurs traductions approximatives :
Hier cela marchait.
Aujourd’hui ça ne marche pas.
Windows est comme ça.
Un crash réduit
Votre couteux ordinateur
A une simple pierre.
Trois choses sont certaines :
La mort, les taxes et la perte de données.
Devinez ce qui vient d’arriver.
Windows NT a planté.
Je suis l’Ecran Bleu De La Mort.
Personne n’entend vos cris.
Le code était vaillant,
Il écouta votre requête
Mais les puces furent faibles.
Imprimante indisponible.
Peut être une erreur fatale.
Un stylo sous la main ?
Un fichier si gros ?
Il devait être important.
Mais il a disparu.
Des erreurs se sont produites.
Nous n’en dirons pas plus.
Paresseux programmeurs.
Identifiant incorrect.
Seuls les adroits dactylos
Entreront ce système.
Ce site a été déplacé.
Nous vous dirions bien où, mais alors
Nous devrions vous effacer.
Demain, nous traiterons de la balise HTML <blockquote>.
Haïkus – non informatiques
Continuant sur ma lancée, voici quelques haïkus (purement poétiques, cette fois) glanés sur cette page :
ombre épouvantable
des tilleuls taillés
sur le mur de l’école
collines de ses seins
je les ai parcourues
du bout des doigts
– Jean ANTONINI
Nuit de canicule
Sur le derrière de ma femme
l’éclat de la lune
Un festin de graines!
Ces petites mains des rats
si semblables aux nôtres
Le tilleul s’est tu
De la neige dans la cour
n’en reste presque plus
– Patrick BLANCHE
Ennemis jurés
des châteaux de sable
- les pieds des enfants.
– Jean-Louis BOUZOU
Le vent remuait encore
les plumes de l’oiseau
mais l’oiseau était mort
Des mots des mots
et avec ça
faire du silence
– CLOD’ARIA
Au coin de mes yeux
mes sourires par contre
ne s’effacent plus
– Marylène LALLEMAND
Les moutons dans la neige
broutent la vie sauvage
à même le brouillard.
La fille qui traverse
ne te regarde pas
mais elle sait que tu la déshabilles.
– Michel-François LAVAUR
Un train passe
effaçant les gens
du quai d’en face
– Daniel PY
Prolo à vélo
Échappé d’une photo
De Robert Doisneau
Dans l’immense plaine
Un bouquet d’arbres en fleurs
Comme un île au loin
– Jean-Claude TOUZEIL
L’an 01 : on arrête tout, on réfléchit
Dans la série un lien qui roxe, voici un article du monde Diplomatique : L’an 01 de la gauche : on arrête tout et on réfléchit.
Pour vous qui n’avez pas de temps de cerveau disponible, je résume (mais je vous encourage à plutôt lire l’article initial qui est limpide) :
- L’échec de la gauche en 2007 est logique : elle n’a plus de programme économique depuis 1981, et s’est déplacé sur le terrain des valeurs, sur lequel elle ne peut battre la droite.
- C’est elle qui a mis en place l’Europe bureaucratique sur laquelle les citoyens n’ont plus de prise.
- Le libéralisme est en pratique un féodalisme très éloigné de la doctrine initiale, qui ne prévoit pas des rapports de force aussi disproportionnés entre les individus.
- L’enjeu central du socialisme est la reprise du contrôle de l’économie par ses acteurs, point.
- La grande mutation en cours est le déclin de l’impérialisme, qui a permis la construction du capitalisme occidental et atténué les conflits entre capital et travailleurs occidentaux au détriment des travailleurs du tiers-monde.
Oh, et L’an 01 est une bande dessinée cultissime de 1970 qui met en scène une prise de conscience collective de l’absurdité du capitalisme (entre autres).
Les enfants d’Icare (Arthur C. Clarke)
Si l’âge d’or de la SF fut celui de la production en masse de séries B voire Z et de l’invasion en masse de petits hommes verts par des auteurs payés à la page, ce fut aussi celui des vénérables, et pas sans raison, tels que Clarke.
La Guerre froide. Russes et américains se livrent une âpre compétition : quelle sera la première nation à conquérir l’espace ? Aucune car, à la veille du décollage des premières fusées, l’impensable survient. De gigantesques vaisseaux envahissent la Terre.
Et l’humanité trouve ainsi réponse à l’une de ses plus cruciales questions : elle n’est pas seule dans l’univers.
Une fois débarqués, les suzerains ne tardent pas à imposer leur volonté de procéder à un désarmement général, de guérir la maladie, d’endiguer la faim et la misère. C’est un nouvel âge d’or qui commence.
Mais… Un doute terrible subsiste. Peut-on réellement faire confiance à une race qui refuse de se montrer ? Les suzerains n’auraient-ils pas un but caché ?
J’ai été assez soufflé par la maîtrise du suspens. Clarke parvient à le faire tenir jusqu’à la fin du livre, et ce avec une économie d’action assez rare. Pour beaucoup, suspens rime avec rebondissements incessants et hang over de fin de chapitres / de pré-coupure publicité. Pas ici. Vous ne trouverez dans ce livre aucune violence, aucun laser, aucun rayon de la mort, aucun super-héros sauvant l’humanité. Autant dire que l’adaptation cinématographique n’est pas pour tout de suite.
Du coup, voilà un indémodable qui prend pour moi place parmi les classiques du genre, au coté de pas mal d’autres ouvrages de l’auteur tels que 2001
dont il rejoint en partie la thématique.
La Guerre froide. Russes et américains se livrent une âpre compétition : quelle sera la première nation à conquérir l’espace ? Aucune car, à la veille du décollage des premières fusées, l’impensable survient. De gigantesques vaisseaux envahissent la Terre.