Inrocks

Une obèse nue en couverture des Inrocks n°616
La lène en parle, et plutôt que de tartiner un commentaire long comme le bras, hop, un billet. La couverture des Inrocks, donc. Je n’achète jamais les Inrocks, sauf quelquefois leur numéros spéciaux incluant un CD, ça permet parfois de sortir de ses propres sentiers battus. J’avais découvert Superflu comme ça il y a quelques années (Superflu, c’est bien, surtout Tchin Tchin).

Cette couverture m’a vachement donné envie d’acheter le numéro, rien que pour le coté jouissif d’ouvrir en grand dans le métro mon magazine avec une femme à poil, tout en restant à la fois politiquement socialement correct (ce n’est ni un porno ni un féminin) et un poil subversif. Parce que franchement, les bourrelets c’est peut-être ce qui est le plus censuré de nos jours. On peut montrer du sexe, de la violence, du fric, de la merde etc mais surtout jamais de graisse, ou alors d’un point de vue médical, histoire de bien complexer les rond(e)s et de leur ancrer dans le crâne leur déviance. Ce qui est peut-être le plus sûr moyen de les envoyer illico vider leur frigo. Les gros, c’est comme les Noirs, on a tous un copain ou une copine qui l’est pour bien montrer qu’on est pas raciste mais on remercie le hasard de ne pas en être. Parce que ce n’est pas drôle tous les jours.

Bon sinon j’ai à peine survolé le magazine, mais les Inrocks ça a l’air toujours aussi chiant et enculeur de mouches. Le CD n’est pas terrible, et le titre du groupe de la demoiselle franchement bof, mais si vous le voulez dépêchez vous, apparemment le numéro suivant est déjà en vente. Sinon pour découvrir de la bonne musique, il y a Jamendo.

Haïkus informatiques

Le haïku [...] est une forme poétique très codifiée d’origine japonaise, à forte composante symbolique [...] Il s’agit d’un poème extrêmement bref visant à dire l’évanescence des choses. […

Les haïkus ne sont connus en Occident que depuis à peine plus d’un siècle. Les écrivains occidentaux ont alors tenté de s’inspirer de cette forme de poésie brève. La plupart du temps, ils ont choisi de transposer le haïku japonais, qui s’écrivait sur une seule colonne sous la forme d’un tercet de 5, 7 et 5 pieds pour les haïkus occidentaux. […

article Haïku — Wikipedia

Voici quelques messages d’erreurs informatiques sous forme de Haïkus :

Yesterday it work’d.
Today it is not working.
Windows is like that.

A crash reduces
Your expensive computer
To a simple stone.

Three things are certain:
Death, taxes and lost data.
Guess which has occurred.

Windows NT crashed.
I am the Blue Screen of Death.
No one hears your screams.

The code was willing,
It considered your request,
But the chips were weak.

Printer not ready.
Could be a fatal error.
Have a pen handy?

A file that big?
It might be very useful.
But now it is gone.

Errors have occurred.
We won’t tell you where or why.
Lazy programmers.

Login incorrect.
Only perfect spellers may
enter this system.

This site has been moved.
We’d tell you where, but then we’d
have to delete you.

Et leurs traductions approximatives :

Hier cela marchait.
Aujourd’hui ça ne marche pas.
Windows est comme ça.

Un crash réduit
Votre couteux ordinateur
A une simple pierre.

Trois choses sont certaines :
La mort, les taxes et la perte de données.
Devinez ce qui vient d’arriver.

Windows NT a planté.
Je suis l’Ecran Bleu De La Mort.
Personne n’entend vos cris.

Le code était vaillant,
Il écouta votre requête
Mais les puces furent faibles.

Imprimante indisponible.
Peut être une erreur fatale.
Un stylo sous la main ?

Un fichier si gros ?
Il devait être important.
Mais il a disparu.

Des erreurs se sont produites.
Nous n’en dirons pas plus.
Paresseux programmeurs.

Identifiant incorrect.
Seuls les adroits dactylos
Entreront ce système.

Ce site a été déplacé.
Nous vous dirions bien où, mais alors
Nous devrions vous effacer.

Demain, nous traiterons de la balise HTML <blockquote>.

Haïkus – non informatiques

Continuant sur ma lancée, voici quelques haïkus (purement poétiques, cette fois) glanés sur cette page :

ombre épouvantable
des tilleuls taillés
sur le mur de l’école

collines de ses seins
je les ai parcourues
du bout des doigts

– Jean ANTONINI

Nuit de canicule
Sur le derrière de ma femme
l’éclat de la lune

Un festin de graines!
Ces petites mains des rats
si semblables aux nôtres

Le tilleul s’est tu
De la neige dans la cour
n’en reste presque plus

– Patrick BLANCHE

Ennemis jurés
des châteaux de sable
- les pieds des enfants.

– Jean-Louis BOUZOU

Le vent remuait encore
les plumes de l’oiseau
mais l’oiseau était mort

Des mots des mots
et avec ça
faire du silence

– CLOD’ARIA

Au coin de mes yeux
mes sourires par contre
ne s’effacent plus

– Marylène LALLEMAND

Les moutons dans la neige
broutent la vie sauvage
à même le brouillard.

La fille qui traverse
ne te regarde pas
mais elle sait que tu la déshabilles.

– Michel-François LAVAUR

Un train passe
effaçant les gens
du quai d’en face

– Daniel PY

Prolo à vélo
Échappé d’une photo
De Robert Doisneau

Dans l’immense plaine
Un bouquet d’arbres en fleurs
Comme un île au loin

– Jean-Claude TOUZEIL

L’an 01 : on arrête tout, on réfléchit

des gradins vides Dans la série un lien qui roxe, voici un article du monde Diplomatique : L’an 01 de la gauche : on arrête tout et on réfléchit.

Pour vous qui n’avez pas de temps de cerveau disponible, je résume (mais je vous encourage à plutôt lire l’article initial qui est limpide) :

Oh, et L’an 01 est une bande dessinée cultissime de 1970 qui met en scène une prise de conscience collective de l’absurdité du capitalisme (entre autres).

Les enfants d’Icare (Arthur C. Clarke)

Si l’âge d’or de la SF fut celui de la production en masse de séries B voire Z et de l’invasion en masse de petits hommes verts par des auteurs payés à la page, ce fut aussi celui des vénérables, et pas sans raison, tels que Clarke.

Clarke - Les enfants d'Icare La Guerre froide. Russes et américains se livrent une âpre compétition : quelle sera la première nation à conquérir l’espace ? Aucune car, à la veille du décollage des premières fusées, l’impensable survient. De gigantesques vaisseaux envahissent la Terre.
Et l’humanité trouve ainsi réponse à l’une de ses plus cruciales questions : elle n’est pas seule dans l’univers.
Une fois débarqués, les suzerains ne tardent pas à imposer leur volonté de procéder à un désarmement général, de guérir la maladie, d’endiguer la faim et la misère. C’est un nouvel âge d’or qui commence.
Mais… Un doute terrible subsiste. Peut-on réellement faire confiance à une race qui refuse de se montrer ? Les suzerains n’auraient-ils pas un but caché ?

J’ai été assez soufflé par la maîtrise du suspens. Clarke parvient à le faire tenir jusqu’à la fin du livre, et ce avec une économie d’action assez rare. Pour beaucoup, suspens rime avec rebondissements incessants et hang over de fin de chapitres / de pré-coupure publicité. Pas ici. Vous ne trouverez dans ce livre aucune violence, aucun laser, aucun rayon de la mort, aucun super-héros sauvant l’humanité. Autant dire que l’adaptation cinématographique n’est pas pour tout de suite.

Du coup, voilà un indémodable qui prend pour moi place parmi les classiques du genre, au coté de pas mal d’autres ouvrages de l’auteur tels que 2001 dont il rejoint en partie la thématique.

Page Suivante →