Crêpe Georgette publie un manifeste antisexiste que je relaie, par principe, même si certains points m’interpellent un peu. Allez le lire en entier, je ne reprends que les points que je trouve discutables (c’est à dire matière à discussion, pas nécessairement que je n’approuve pas).
LUTTE CONTRE L’ESSENTIALISME ET LES STEREOTYPES DE GENRE
- Lutter contre les stéréotypes de genre dans l’éducation, l’enseignement, les médias, les jouets.
- Mise en place de campagnes pour valoriser le partage des tâches ménagères.
- Les échographies doivent juste servir à détecter d’éventuelles maladies et non plus le sexe de l’enfant ; sa connaissance favorisant l’essentialisme.
Je suis un peu sur le cul, pour les échos. Vu la difficulté du choix des prénoms de nos filles, on était TRÈS contents de savoir le sexe des bébés le plus tôt possible. Alors oui, ça sert aussi à préparer des layettes roses ou bleues, d’accord; ce qui ne me parait pas un grand mal. Par ailleurs, connaitre à l’avance le sexe de l’enfant peut permettre à certaines femmes une préparation psychologique. Parfois avoir un garçon ou une fille font remonter des peurs enfouies, et l’enfant est alors rejeté violemment à sa naissance. Ce qui me parait un peu plus grave qu’un pyjama bleu ou rose.
Je ne sais pas trop où me situer sur cette question de l’essentialisme. Evidemment hommes et femmes ne sont pas d’essence différente, et il y a pourtant des différences évidentes, voire des clichés pas toujours faux. D’un coté je suis tenté par une réponse existentialiste ( l’existence précède l’essence
), qu’on ne naît pas homme ou femme et qu’on le devient. Et qu’on le devient d’abord parce qu’on se coule plus ou moins dans le moule de ce que nos parents et la société attendent de nous. De l’autre, nous restons des animaux, et notre pensée est bien plus influencée par la chimie que l’on veut bien l’admettre. Une chimie qui diffère malgré tout, un peu, entre hommes et femmes. Alors ?
FAMILLE
- Remplacement du mariage par un “partenariat enregistré” ne reprenant que les aspects économiques du mariage, en ne tenant plus compte des aspects de la vie privée comme “fidélité” et obligation de vie commune.
- Remplacer les congés dits de maternité et de paternité par un “congé parental” égal pour tous ; le congé médical suivant l’accouchement n’étant pas inclus dans le congé parental, il s’additionne à ce dernier.
- Modification des disposition relatives à la filiation pour rendre celle-ci égalitaire pour les deux parents (notamment supprimer la loi décrétant automatiquement parent la femme qui accouche, ceci afin de supprimer la différence de traitement entre “maternité naturelle” et “paternité légale”).
- Généralisation de la garde alternée en cas de désunion des parents
L’obligation de vie commune me rappelle quand ma femme et moi avions pour projet de couple de garder chacun notre appartement. Ça a tenu 3 mois, mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas une solution viable, au contraire même peut être, si Monsieur peut péter au lit devant son match de foot et madame astiquer l’argenterie devant une émission de cuisine. Ou l’inverse. A condition de ne pas pas avoir d’enfants. Et c’est là que je dois être vieux jeu, mais pour moi le sens du mariage est avant tout la fondation de la famille (mais pas nécessairement entre un homme et une femme, ne me prenez pas pour un intégriste), d’autant qu’on a maintenant le PACS pour les questions d’intendance, non ? Et puis il reste bien sûr la possibilité… de ne pas se marier.
Sur le congé « parental », je ne vois pas pourquoi nier la différence physiologique entre le parent qui accouche et l’autre. Qu’il y ait des aménagements à faire, c’est autre chose. Parce que la présence du conjoint dans les mois qui suivent l’accouchement me parait assez souhaitable. Un temps partiel, peut être ? Et sans être un croisé de l’allaitement, c’est quand même plus compliqué une fois que la mère a repris le travail. Et trois mois, c’est très en dessous des recommandations de l’OMS (vous l’avez vu la caution médicale hein ?)
Sur la généralisation de la garde alternée, je crois que c’est aux parents de décider, non ? on n’est pas obligé de tout régenter avec des bons sentiments, d’autant que je pense que ce sont souvent des questions pratiques qui priment…
LANGAGE
- Mettre en place un comité de linguistes afin de neutraliser le langage et d’en faire le langage officiel obligatoire dans l’administration, sur le lieu de travail et à apprendre dans les écoles.
- OU féminisation des noms de métier. (* les deux idées font débat dans la communauté féministe francophone).
Féminisation. Définitivement féminisation. J’ai pas envie de parler novlangue.
