Pourquoi fait-on des enfants ?
Quand ce n’est pas par accident, ce qui semble la norme dans les séries américaines où la seule forme de contraception connue semble être l’avortement. Quand on choisit de faire un enfant donc, quelles peuvent être les raisons qui nous poussent à aller au-delà des heures de sommeil perdues, de la liberté envolée, des grasses matinées qui finissent à 08h00, des nuits de débauche qui finissent à 00h15 (et exclusivement le samedi soir), des couches sales, des vomis ?
(Pour plus de détails, s’adresser à Mère Indigne)
Tout d’abord, il y a l’ignorance, bien sûr. Un enfant, c’est un peu comme un ordinateur Apple : ceux qui en ont vous disent à quel point c’est formidable, qu’ils ne peuvent plus s’en passer et d’ailleurs ils regardent de haut ceux qui n’en ont pas (les pauvres). Mais jamais, jamais ils n’admettront en public le moindre défaut de leur merveille adorée. Ou alors seulement une fois que vous vous serez fait avoir vous aussi, et que vous serez englués jusqu’au cou et en dehors de toute période de rétractation. Là, seulement, ils vous listeront tous les tracas qu’ils endurent, et que s’ils avaient su ils auraient peut être réfléchi à deux fois avant de s’endetter sur trente ans.
C’est pas qu’on regrette, mais il y a des jours où on serait bien restés sous la couette.
Ensuite, il y a le devoir civique de renouvellement des générations, l’appel de la nature et du système de retraites par répartition. Qu’est-ce qui pourrait bien nous faire supporter le travail pendant quarante ans si ce n’est la perspective de faire dorer nos veilles peaux en buvant des cocktails au bord d’une piscine de Miami ? Surtout si en plus, on doit passer nos week-ends à DisneyLand à faire la queue pour it’s a Small small world
et sa musique de l’enfer. Ah, on me dit dans l’oreille qu’on peut très bien se faire payer sa retraite par les prolos enfants des autres.
J’esquive volontairement depuis le début la réponse la plus évidente : pour les aimer
, les chérir comme la prunelle de nos yeux. C’est faux. La plupart du temps, on les aimera, jusqu’à rendre négligeables les sacrifices qu’ils nous imposent (enfin, jusqu’à ce qu’ils emboutissent la berline neuve en début de crédit ou tombent enceintes à quatorze ans). Le coup du trop plein d’amour à donner c’est un lieu commun vide de sens – comment peut on aimer sans objet ?
On ne fait pas des enfants pour les aimer, mais pour qu’ils nous aiment. C’est notre propre manque affectif que nous cherchons à combler. Ils nous aimeront parce qu’ils n’ont pas le choix, nous les faisons dépendants de nous et ce d’autant plus que nous dépendons d’eux.
Personnellement, je crois qu’il n’y a pas d’instant où je sois aussi serein, aussi en paix avec moi-même, que lorsque je donne un biberon, mon bébé dans les bras. L’univers pourrait s’écrouler à cet instant sans que je lève le petit doigt.
Il va falloir que j’apprenne à ne pas être si dépendant de cet amour que je ne saurais plus le nourrir du mien.
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