Légitimité de la rue
En guise de complément au billet de Guillermo :
Bien sûr nous aurons droit à l’antienne “ce n’est pas la rue qui gouverne”. C’est un argument qui m’énerve de plus en plus, et pas seulement parce que la droite anti-manifs se pignole en pensant à la déferlante gaullienne sur les Champs à la fin de Mai 68, ou à celle des croisés de l’école libre à Versailles en 1984.
A noter que le canard enchainé de cette semaine rappelle que Chirac et la droite n’ont pas toujours dédaigné la légitimité de “la rue” contre celle de l’assemblée nationale, notamment lorsqu celle-ci a fait “tomber” le gouvernement socialiste en 1986 1984.
Alors pour ce qui est de se draper dans la loi pour contester l’esprit de la loi… l’assemblée nationale n’est-elle pas censée représenter le peuple et ses lois être l’expression de la volonté générale ? Notre république est-elle vraiment (encore) une démocratie, à systématiquement gouverner sur un malentendu ? Comment peut-on pretendre à la légitimité, après avoir été élu par accident et en ayant perdu tous les scrutins depuis ?
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