Traité Constitutionnel Européen : ce sera oui

Je ne parle pas de mon bulletin, mais du résultat qui s’affichera sur nos télés à 22h00, demain dimanche 29 mai. Malgré la multiplication des sondages donnant le non gagnant, malgré l’ambiance de veille de fin du monde que les médias français et européen font planer sur le pays. Ou plutôt, en partie à cause de tout cela.

Vous vous souvenez des sondages précédent l’élection présidentielle de 2002 ? Le PS partait en tête, l’addition mécanique des voix de gauche lui assurerait également la victoire au second tour, c’était plié. Mais les sondages c’est de la merde: à supposer que les sondés répondent très exactement et honnêtement à la question posée, la marge d’erreur compte tenu de la faiblesse de l’échantillon (environ 1000 personnes, souvent moins) est déjà de +-3%. Rajoutez à cela les 20% de sondés qui ne répondent pas, ceux qui ne sont pas sûr de leur choix, etc. et même un sondage à 55/45% c’est du vent.

Et du vent qui souffle dans une direction précise : la seule valeur de tout ces sondages ne sont pas l’information qu’ils donnent, mais l’impact qu’ils ont sur les électeurs. Associé à une solide propagande moraliste, catastrophiste, manichéenne, en bref une véritable croisade médiatique, c’est un puissant facteur de mobilisation en faveur du camp présenté comme la veuve (éplorée de l’europe qu’on assassine) et de l’orphelin (un TCE innocent, entièrement positif), menacés par les brigands du non, les pouilleux, les infréquentables, les hors-système.

J’imagine la scène, demain soir, les minutes qui suivront la proclamation des résultats. Les soupirs de soulagement des éditorialistes, les mines réjouies, l’ambiance détendue, la condescendance bon enfant avec le camp des vaincus, la victoire du bon droit en quelque sorte, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, on a eu chaud mais le chapitre est clos.

En définitive, je crois que si le non passe quand même, ce sera peut être dû à une mobilisation pour les faire taire. Pour dire au système d’aller se faire foutre, lui et tous ses valets. Après tout, c’est un peu la question qui est posé : donnez vous quitus à la politique de ces vingt dernières années et voulez-vous vous réengager, comme ça d’un coup d’un seul, pour quelques décennies de plus ?

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