35 heures + 1 gratuite
Quand on me l’a dit, je n’y ai pas cru. J’avais entendu parler de cas similaires en Allemagne, et je m’etais alors dit que la vie ne devait pas être rose de l’autre coté du Rhin.
Mais voila, il a suffi de passer le pont : sous menace de delocalisation, et donc de chomage, une usine a obtenu de ses salariés le sacrifice d’une heure de travail hebdomadaire supplémentaire gratuite. Plus le chomage est oppressant, plus les salariés sont malléables. Plus la productivité augmente, moins de salariés sont nécessaires. Moins de salaires payés, moins de pouvoir d’achat. Moins de pouvoir d’achat, moins de ventes…
Le libéralisme est un cannibalisme.
35 heures (de trop)
Vous voulez gagner beaucoup d’argent ? Travaillez plus. (libération)
Si on devenait riche en travaillant, ça finirait par se savoir. On devient riche surtout en faisant travailler les autres… La suite de la tactique du goret : l’ump-medef continue sa charge contre les 35 heures. Et avec d’autant moins de complexes que le PS a sabordé lui même cette réforme dès l’origine…
Le passage aux 35 heures n’a créé des emplois qu’avec la loi aubry 1, la plus contraignante (pas moyen de compenser la perte de productivité par employé autrement qu’en embauchant plus). Seuls les patrons les plus progressistes s’y sont plié d’entrée. Le Medef a fait pression pour obtenir la loi aubry 2, qui en contrepartie flexibilise le travail et permet donc de maintenir la productivité par salarié. Plus besoin d’embaucher des salariés supplémentaires.
Si le patronat obtient le retour aux 39 heures en conservant la flexibilité instaurée par aubry 2, il y a gros à parier que le gain de productivité par tête de pipe aura des conséquences sur le taux d’emploi.
La logique initiale des 35 heures est de récupérer au profit à la fois des salariés (plus de temps libre) et des chomeurs (emplois créés) une part de l’énorme hausse de productivité de ces dernières décennies, qui jusqu’ici n’a bénéficié qu’au profit financier (non seulement cela ne s’est pas traduit en hausse des salaires réels, mais cela ne s’est pas traduit en investissements non plus… tout dans la poche des actionnaires).
Le PS, en se pliant aux volontés du Medef dès que celui ci a haussé la voix (comme d’hab), a décridibilisé une mesure potentiellement efficace, et favorisé le patronat, mais ni le PS ni le Medef ne l’avoueront bien sûr…