La tactique du goret qu’on égorge

En exergue de l’excellent Le grand bond en arrière se trouve une citation de Mao,
ou un extrait du Tao, je ne sais plus, qui a été elevée au rang de doctrine par les croisés du libéralisme :

Quand l’ennemi avance, nous reculons,
Quand l’ennemi recule, nous avançons,
Quand l’ennemi s’enfuit, nous le pourchassons.

Pas de limite ni de timidité donc pour ces médecins qui prescrivent d’autant plus facilement de douloureux remèdes, qu’eux n’en souffrent pas, et qu’ils leur profitent…

Y a t’il encore des oreilles pour croire à l’eternelle plainte de ceux qui crient au socialisme dans notre pays désormais très libéral,
et qui réclament toujours moins de redistribution, et de paver encore mieux la route du profit et de l’inégalité ?

Notre bon maître à tous pousse un nouveau cri

Dominique A aux Bouffes du Nord

J’ai pu assister hier soir au concert que donnait Dominique A aux Bouffes du Nord. La salle est assez terrible, un théatre plutot délabré, quasi circulaire, d’une envergure de 20 à 30 mètres, mais pourvu de 3 hauteurs de balcons. Ce qui fait qu’où que l’on soit placé, on n’est pas vraiment loin de la scène. La sono est vite surdimensionnée dans un endroit pareil, ce que j’ai pu regretter sur certains morceaux (c’est dit).

La première partie, Pierre Bondu, fut une franche rigolade. Ce mec et son guitariste se sont semble-t’il lancés dans un concours d’absence de talent et de lucidité sur celui-ci. Le pire c’est les paroles. Lorsqu’il déclame que vu de loin, le bleu du ciel et de la mer se confondent, on se demande si l’homme est un poète ou un philosophe…

Par contraste, les premiers titres joués par Dominique A furent un bonheur. C’était le premier concert de lui auquel j’assistais, et ne savais pas s’il tenait sur scène ce qu’il promettait sur ses disques. De plus si je trouve certains de ses morceaux sublimissimes (le commerce de l’eau, pour la peau, pères, le courage des oiseaux), beaucoup d’entre eux me laissent plutot froid. Ce fut un double soulagement, car ce mec a une présence sur scène unanimement saluée par les amis qui m’accompagnaient, ce qui avec moi fait trois voix sur trois. Et cette présence a permis de me faire presqu’également apprécier tous les morceaux. A une exceptionnelle maitrise de sa voix (particulière), se joignait une chorégraphie à mi chemin entre Elvis Presley et un danseur classique…

Coté musique, il jouait alternativement d’une guitare électrique et d’une accoustique (les meilleurs moments, selon moi), ainsi que de divers pédaliers lui permettant, outre les effets (distorsion quasi-punk sur certains titres), de sampler en live quelques accords pour ensuite les passer en boucle, et simuler ainsi la présence de plusieurs guitaristes. Je ne sais si c’était le défi technique ou un soupçon de mégalomanie, mais ça avait l’air de l’amuser.

Moi, j’ai adoré. Et comme c’était filmé, y’a des chances pour que sorte prochainement un DVD du concert, chouette.

Dominque A, comment certains vivent
Les Bouffes du Nord
Le mythique Pierre Bondu

Vroum

Ce matin, pour changer, je n’ai pas pris la poussette pour emmener ma fille chez la nourrice : c’est à deux rues, elle marche bien maintenant et y a pris goût. Moi par contre, ai assez peu apprécié la balade. Au coin de la rue, un bus de touristes bloquait et inondait le carrefour de ses gaz d’échappements, un gros diesel bien crade. Hop, je reprends L. dans mes bras pour passer au plus vite le secteur. Bien évidemment, la rue s’était remplie de véhicules, avec un pot d’échappement et un klaxon chacun. Je suppose que le fait de laisser le moteur allumé et de klaxonner donne l’illusion d’agir pour fluidifier la circulation. Mais le pompon fut encore la moto qui est arrivée face à nous, sur le trottoir : un espace reservé pour marcher, à defaut de pouvoir profiter de nos poumons et nos oreilles, c’est encore trop demander ?

Vous avez remarqué comment toute publicité automobile pouvait ces temps ci se résumer à un seul mot ? Vroum. Vroum Vroum. A quand les gros bandeaux blancs et noirs sur les bagnoles, à l’image de ceux des paquets de cigarette ? L’usage de l’automobile nuit gravement à la santé, à l’environnement, à la tranquilité, à l’intelligence, à la sécurité sociale…