La mutinerie permanente ?

Dans libération ce jour est publié un rebond, la mutinerie permanente : Le retour aux urnes exprime plus le refus d’un mode de gouvernance qu’un choix de parti.
J’avais fait il y a quelques temps un billet sur le sujet de la France prétendument ingouvernable. Voici ma réaction à l’article de Libé :

Le rejet de la politique est bien, je pense, celui de la politique telle qu’elle se fait. Il y a une double lacune dans la jeu politique français.

Un manque de démocratie tout d’abord, puisque l’on signe en votant un cheque en blanc, sur de vagues promesses qui n’engagent que ceux qui les ecoutent, et que nos mandataires se chargent eux mêmes de redéfinir leurs mandats comme bon leur semble.

Un manque d’offre politique ensuite, car les frontières entre les partis ne recouvrent que très approximativement les lignes de fracture fondamentales de l’opinion. Ainsi le centre droit déborde très largement sur le parti socialiste, assez pour dicter l’essentiel de ses actions depuis longtemps. A contrario, ce qui reste de la gauche est acculée dans de petits bastions, l’aile gauche du ps, les verts non « environnementalistes », le PC, etc; dont chacun appelle de ses voeux un rassemblement, pourvu qu’il se fasse autour de lui, sur le modele qui permet au ps de ramasser les billes à la fin de chaque jeu electoral favorable à la gauche; ce qui démobilise à chaque fois un peu plus l’électeur désabusé. Il est temps de réformer les institutions à l’inverse de ce qu’a fait la droite pour les regionales afin de rendre possible l’expression politique en lui rendant son pouvoir : plus de parlementarisme, de proportionnelle, de controle…

Le retour des bisons… et des Sioux ?

Près d’un siècle et demi après le massacre des bisons des grandes plaines américaines; qui a amené l’espèce au bord de l’extermination, et fut une tactique délibérée pour affamer et soumettre le plus important foyer de résistance à l’appropriation du continent; ceux-ci broutent de nouveau l’herbe des anciens territoires de chasse des Sioux, Cheyenne, Arapaho… permettant à leurs survivants de retrouver une partie de leur culture.

La conjonction de la raréfaction des fermiers blancs, et du durcissement des conditions de vie des Amérindiens, (pourtant déjà peu favorisés : le comté de Pine Ridge, principale réserve Sioux, est le plus pauvre des Etats Unis) qui les ramène dans les réserves, renforce de fait leur présence dans le secteur, ce qui fait dire à Libération : jamais, depuis 1870, il n’y a eu autant d’Indiens et de bisons sur les Grandes Plaines.