Le mythe de la France inréformable ou ingouvernable.

suite aux dernières élections, il est de bon ton dans les médias de s’interroger sur le caractère ingouvernable des Français, arguant de l’alternance systématique du pouvoir politique. En tant que
libertaire, si les Français étaient réellement ingouvernables, ce serait pour moi plutot une bonne nouvelle. Mais je pense que c’est loin d’être le cas; et qu’il faut plutot rechercher les causes de l’alternance systématique dans l’inconstance des candidats une fois au pouvoir.

Si la droite a été placé au pouvoir en 2002, c’est par accident : si l’on tient compte de la répartition des votes au premier tour de la présidentielle, on s’aperçevra que le centre de gravité s’était déplacé non à droite, mais à gauche. Les régionales de 2004, plutot qu’une inconstance des choix, révèle un apprentissage du vote stratégique : à défaut de pouvoir choisir réllement notre favori, on élimine les pires
options. Tout sauf l’UMP, en l’occurence (le mode de scrutin atténuant la menace FN).

Par ailleurs, on se souviendra peut-être que Jacques Chirac avait en 1995 fait campagne sur le thème de la fracture sociale, et son amnésie subite une fois au pouvoir qui lui a valu l’échec des legislatives de 1997. En somme, c’est l’incapacité des politiques à assumer les exigences sociales qu’ils se gardent bien de nier pendant leurs campagnes qui les fait ensuite chuter.

Ca faisait longtemps que je n’avais pas acheté Charlie Hebdo. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé la chronique d’Oncle Bernard, qui détisse pour nous les mensonges éhontés de la doctrine libérale. En parallèle du mythe de la France ingouvernable, est propagé celui de la France inréformable : il serait nécessaire de réformer la France pour l’adapter aux pressions de l’économie mondiale, pour la rendre compétitive. C’est à cela que la droite (et même une partie de la gauche d’ailleurs) se serait
courageusement attelé, et en paierait maintenant le prix.

Or dans le Charlie du 31 Mars 2004, on apprend qu’en fait la France se révèle être l’un des pays les plus compétitifs du monde, en ce qui concerne le coût et la productivité du travail :

  • le coût du travail, sur une base 100 en Allemagne est de 87 en Italie, 85 aux Etats-Unis, 84 en Hollande, 82 en France, 75 au Japon et au Canada.
  • la France se classe deuxième de tous les pays de l’OCDE, juste derrière les Etats-Unis, en terme de productivité.

N’en déplaise aux joueurs de flûte libéraux.

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