Hégémonie idéologique du libéralisme
Voici un triste exemple de la progression des thèses libérales y compris jusques dans les rangs de la « gauche », nappée bien évidemment dans une épaisse couche de rhétorique : => http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3208,36-362423,0.html
L’auteur s’appuie sur le faux postulat que l’économie toute entière de la france (ou de n’importe quel pays européen) serait dépendante de son commerce extérieur; alors que bien évidemment l’essentiel de l’activité économique est liée à la statisfaction locale de besoins locaux (logement, alimentation, services etc), ce qui est également vrai à l’échelle européenne d’ailleurs. Seule l’économie Asiatique est subordonnée à son commerce extérieur, les USA ayant depuis longtemps pour leur part une balance commerciale largement
déficitaire…
Et donc il faudrait paniquer et trouver d’urgence une industrie,
un créneau sur lequel se placer et améliorer encore notre compétitivité (alors que la france est déjà le deuxième pays le plus compétitif de l’ocde, derrière les états unis – et cela malgré les 35 heures, étonnant non ?)
Plus fort encore, l’auteur admet que les fleurons de l’économie française sont un héritage de l’ère des nationalisations. Plutotqu’une remise en question du libéralisme, il plaide sans sourciller pour une aide publique accrue au secteur privé, soi disant dans une passe difficile.
Mais c’est la conclusion qui mérite le prix spécial du jury : un désormais classique appel au sacrifice (des faibles bien sûr). Lequel ? Rien de moins que celui des dépenses sociales, au profit (c’est là la caution de gauche -fabiusienne- de l’auteur et du journal qui le publie) de la recherche, afin d’assurer des jours meilleurs. Des lendemains qui chantent au prix d’efforts actuels, une rengaine staliniste (de droite libérale, en l’occurence) bien connue. Sauf qu’opposer recherche et action sociale ne va de soi que dans l’
esprit torturé de l’auteur…
Zapatero sait quoi faire de sa victoire
A l’heure où les socialistes français se disent probablement que pour vaincre, il leur suffitde se taire et de laisser parler la droite, leurs homologues espagnols semblent savoir quoi faire de leur victoire, eux. Et même si ce sont là de vague promesses, cela a le mérite d’un engagement clair.
En économie, Zapatero concilie le maintien de la rigueur budgétaire, chère à Aznar, et un « effort nécessaire » sur l’éducation, la recherche et le logement social. Il entend augmenter le salaire minimum et les retraites les plus maigres. Enfin, Zapatero s’est engagé en faveur du mariage gay, l’égalité hommes-femmes « dans tous les domaines », et une « loi contre la violence conjugale ».
Le mythe de la France inréformable ou ingouvernable.
suite aux dernières élections, il est de bon ton dans les médias de s’interroger sur le caractère ingouvernable des Français, arguant de l’alternance systématique du pouvoir politique. En tant que
libertaire, si les Français étaient réellement ingouvernables, ce serait pour moi plutot une bonne nouvelle. Mais je pense que c’est loin d’être le cas; et qu’il faut plutot rechercher les causes de l’alternance systématique dans l’inconstance des candidats une fois au pouvoir.
Si la droite a été placé au pouvoir en 2002, c’est par accident : si l’on tient compte de la répartition des votes au premier tour de la présidentielle, on s’aperçevra que le centre de gravité s’était déplacé non à droite, mais à gauche. Les régionales de 2004, plutot qu’une inconstance des choix, révèle un apprentissage du vote stratégique : à défaut de pouvoir choisir réllement notre favori, on élimine les pires
options. Tout sauf l’UMP, en l’occurence (le mode de scrutin atténuant la menace FN).