Reflexion du métro
Il y a trois jours, rentrant en métro de ma journée de travail, j’ai subitement eu une réflexion sur la distinction entre la bêtise et la connerie. Ce fut sans raison apparente, ou du moins je ne m’en souviens pas.
Bêtise et connerie sont deux choses bien différenciées dans la plupart des esprits, bien que la frontière entre les deux soit souvent difficile à déterminer précisément. La bêtise se rapprochant généralement de la stupidité, d’une incapacité chronique à comprendre toute subtilité faute d’intelligence. La connerie elle, se comprend généralement comme plus intentionnelle, et en devient plus péjorative : la personne ne comprend pas alors qu’elle en aurait pourtant les moyens intellectuels, ou pire encore elle se refuse à comprendre, probablement dans un accès de pur méchanceté. Pourtant, il nous arrive parfois d’être étonné par la justesse d’un propos émanant d’un supposé idiot, surgissant innocemment d’un discours ambiant biaisé ou faux, et apportant une lueur de vérité, comme si contre toute attente son auteur possédait une profonde compréhension des choses malgré tout. Paradoxe ? Effet de double inversion ?
Peut être est-ce plutôt que ce que nous appelons connerie se résume à l’intégration dans les schémas de pensée de l’individu d’une multitude de présupposés faux, séparément ou inclus dans un système plus global et qui enferme sa pensée dans des labyrinthes dont il ne peut finalement plus sortir. Ces présupposés et schémas s’y sont pernicieusement déposés plus ou moins à son insu, ayant été décodés et traduit depuis le texte implicite du comportement d’autrui. A ce jeu là, nous sommes tous le con d’un autre, pour peu que les deux protagonistes aient des schémas de pensée opposés. La reproduction d’une mentalité, tout comme des us et coutumes implicites, implique la mise en oeuvre active de l’intelligence de l’individu, chargée de combler les non-dits. C’est là que le stupide se distingue : moqué pour ne pas se comporter selon la norme faute d’integrer les règles implicites du jeu social, il échappe de même au carcan mental qu’enfilent selon l’usage les membres de son microcosme.
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